13.05.2009

une vie pour écrire

Je reçois ce matin ce commentaire, qui vient d'arriver sur un vieux post que j'avais intitulé "vivre du métier d'écrivain".

"Bonjour je suis au collège en troisième et je ne ne vis que pour écrire. Je n'aime rien d'autre et je voudrai savoir si c'est possible (même difficilement) de vivre grâce à l'écriture. J'ai commencé à écrire vers 8 ans, et je continue aujourd'hui encore alors que j'en ai 15. Je pense que j'ai un talent, on me le dit aussi. Je voudrai dédier ma vie à la plume."

Ce genre de commentaire ou de mail me touche particulièrement.
J'ai aussi commencé à écrire très jeune,
et j'ai aussi rêvé "d'être écrivain". J'ai passé beaucoup de temps à écrire, lorsque j'étais adolescente. (J'ai paradoxalement l'impression que j'écris moins aujourd'hui !)
Je voulais simplement te dire, cher(e) Guittard (fille ou garçon ?), ce que je dis souvent lors des rencontres avec des ados :

Il est très difficile de "vivre de sa plume". C'est-à-dire ne vivre que de ce rapportent les romans qu'on a écrit. En tous cas les, au minimum, dix premières années (si tout va bien !).

Il faut être réaliste... (malheureusement). Pour un roman jeunesse, par exemple, qui va se vendre à 8 euros, je touche entre 0,40 et 0,60 centimes par exemplaires vendus. Si un livre se vend à 3000  exemplaires (ce qui est déjà pas mal), cela me rapporte en moyenne 1500 euros. Tout ça pour un livre que j'ai mis quatre ou cinq mois (voir plus) à écrire...
Tout le monde n'écrit pas des best-sellers !
Et il faut aussi savoir que dans l'édition "adulte", c'est encore plus difficile. Certains romans ne se vendent qu'à quelques centaines d'exemplaires.

Si j'ai conseil à te donner, c'est d'essayer de trouver un métier en relation avec l'écriture qui, lui, te permettra de vivre.
Moi, j'ai choisi la traduction, par exemple, qui est aussi une forme d'écriture, passionnante et enrichissante. Mais il y a d'autres métiers où l'écriture est importante. Certaines formes de journalisme, par exemple.
Certains choisissent carrément les métiers de professeur de lettres. C'est aussi une solution. Après, petit à petit, si tu arrives à être publié(e), tu peux lâcher ces boulots qui te font vivre financièrement pour te consacrer entièrement à ta passion

Mais que tout cela ne te dissuade surtout pas "d'entrer en écriture". Au contraire : continue à écrire, à fond, tout le temps. C'est la meilleure façon d'apprendre et de s'améliorer. Et envoie tes manuscrits à des éditeurs (commence plutôt par de petits éditeurs qui prendront soin de toi!).
J'ai commencé à écrire lorsque j'avais 7 ou 8 ans, mais j'avais presque 37 ans lorsque j'ai publié mon premier roman...
Entre temps, j'ai fait du journalisme, de la traduction, et mille et une autres choses.
Donc, surtout, ne te décourage pas, et sois patient(e). Bon courage, donc, et bonne chance!