15.04.2008

Thiers, tournée auvergnate

Thiers
Je suis restée plus longtemps à Thiers, et je ne le regrette pas.
C’est une ville au passé ouvrier qui m’a rappelé une autre ville au passé analogue. D’un côté on façonnait des couteaux, de l’autre des pipes et des diamants.
Entre Saint-Claude, la Jurassienne, et Thiers l’Auvergnate : deux montagnes, deux villes construites autour des usines, avec la rivière tout en bas, et la ville en haut. C’est curieux et troublant à la fois. Regardez ces deux photos ci-dessous…
L’une a été prise cette année, l’autre l’année dernière.

 

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Thiers l'Auvergnate, avec les usines dans la vallée de la Durolle. 

 

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Saint Claude la Jurassienne et ses usines dans la vallée de la Bienne et du Tacon



A Thiers aussi,  j’ai été très bien reçue.
Un grand panneau annonçait ma venue, et le nom des classes et des professeurs qui m’attendaient. C’est très gentil, et bien utile. En effet, la plupart du temps, je n’ai pas le temps de noter le nom des professeurs…
Sur ce tableau était également affichée la dernière page de mon blog, mes trois derniers romans (ce qui remettait, d’un coup « les murs bleus » à égalité avec mes autres ouvrages), et une autre chose qui m’a fait très plaisir : « Cathy Ytak a aimé ces livres », tiré de mes « coups de cœur ».

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C’est finement observé parce que, finalement, les livres qu’on aime parlent sans doute aussi un peu de nous.
J’avais donc, dans mon dos, un livre de Thierry Lenain et un autre de Jeanne Benameur, et ça me plaisait bien d’avoir deux grands noms de la littérature jeunesse, comme ça. Comme s’ils veillaient sur la rencontre !



À Thiers, les élèves de 3e avaient, avec leur prof d’art plastique, préparé « un mur bleu »
. Comment représenter à l’aide de la seule couleur bleue deux choses opposées ? Question passionnante, et joli résultat.

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le "mur bleu" imaginé par des élèves de 3e.


Après les rencontres, des professeurs ont pris du temps sur leur temps libre, pour me faire visiter la ville
.
Et j’ai même eu la possibilité, grâce à la documentaliste, Madame Meignan, de visiter le passionnant musée de la Coutellerie.
Ce sont vraiment de bons souvenirs.

14.04.2008

Riom, première étape en Auvergne

Retour sur une tournée auvergnate
Il me faut toujours un peu de temps avant de parler de ce que j’ai vécu lors d’une tournée. Ce sont des moments intenses, fatiguants, où l’on rencontre beaucoup de gens, beaucoup d’élèves… Alors les visages se superposent, s’échangent. Je tente de me souvenir de toutes les rencontres, tous les CDI qui m’ont ouvert si gentiment leurs portes.

Je ne pourrai pas tout raconter. D’abord parce que les mots échangés avec les élèves, collégiens et lycéens doivent garder ce secret de l’éphémère, où ne reste que ce que l’on garde en mémoire…

J’ai trouvé, partout, des jeunes très attentifs, parfois même un peu intimidés.
J’ai essayé de leur transmettre un peu de mon métier, un peu de mon amour de l’écriture et de la vie, mes colères, mes doutes et mes questions, accompagnant Antoine et Loirinho des Murs bleus, pour qu’on les comprenne mieux.

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Riom écrasée par la canicule, en 2003... Pas de photo en 2008... où il neigeait! 

 Riom, première étape de ma tournée. En remettant les pieds dans cette ville, je me suis souvenu y être allée une fois, en 2003, en plein mois d’août, en pleine canicule, un dimanche, en début d’après-midi. Tout était fermé, il faisait tellement chaud qu’il était impossible de faire cent mètres sans tomber raide, et j’avais dû renoncer à visiter la ville…
Cette fois-ci, il faisait très froid, il neigeait même… Et je n’ai toujours pas eu le temps de visiter la ville…!
Décidément, il faudra que j’y retourne !

02.02.2008

Bilan d'une tournée

Petit bilan de la tournée...

Beaucoup de bonheur, beaucoup de belles rencontres avec les lycéens.
De beaux sourires, quelques compliments qui m’ont fait battre le cœur. Beaucoup d’émotions partagées.
Au mois de mars, je retourne à Leipzig. Cette fois, pour la finale.

Je n’ai franchement pas l’impression que je peux gagner plus que ce que j’ai gagné jusqu’ici !
Les autres livres présentés ont de grandes qualités. Tous oeuvrent, à leur manière, à ouvrir les horizons de la littérature, et c’est bien.
Je suis heureuse de pouvoir rencontrer les autres auteurs sélectionnés (je ne connais que Marie-Florence Ehret, avec qui j’ai eu le plaisir de partager quelques salons du livre).

Aujourd’hui, j’ai envie de dire : nous exerçons vraiment un bien beau métier !

Et c’est une façon de dire, à toutes et tous : merci.

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Des fleurs offertes à Coblence. Presque une semaine après être rentrée, elles sont toujours aussi belles ! 

 

01.02.2008

Dernier jour à Coblence

Coblence...
Une ville qui a l’air bien jolie, mais dont je n’ai pu admirer que la gare (quelques minutes avant de reprendre mon train).

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J'ai surtout pu admirer la superbe belle salle de conférence, tout en haut du lycée qui m'accueillait. En voilà là photo, avant que les élèves n'arrivent. En Allemagne, on appelle ça des « aula ».

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Une rencontre très bien préparée (la salle avait été sonorisée grâce aux élèves). Des lycéens qui venaient de plusieurs autres établissements, et qui m’ont posé tout un tas de questions intéressantes, pertinentes. Sur la guerre d’Algérie, bien sûr, mais aussi sur la notion de culpabilité, sur le silence, et la souffrance de ceux qui ont participé à des guerres.

Il était tôt (8 heures du matin), mais tout le monde semblait bien réveillé !
En quittant la salle, j’ai eu un petit pincement au cœur : c’était la dernière rencontre de ma tournée, et cette tournée la dernière de la série des tournées en Allemagne.

Un coeur sur une vitre

Le 1er février est, pour moi, un jour particulier.
Je dédie donc la photo ci-dessous à la personne à qui je dédie souvent mes romans : elle se reconnaîtra ;-)

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La photo a été prise à travers une vitre de train, en Paris et Cologne.

"Elle partait pour une tournée en Allemagne. Une semaine... C'était court et long à la fois. Il l'accompagna à la gare. Au moment de partir, alors qu'elle sentait sa gorge se nouer comme avant chaque départ, il dessina sur la vitre très sale du train, pour rire, pour la faire rire, un petit coeur maladroit, du bout des doigts. Le temps était à l'orage. Et tout le temps du voyage, le petit coeur dessiné à la hâte sur la poussière de la vitre s'envola sur un fond de paysage gris sombre. Elle se sentait en bonne compagnie. Parfois, elle en souriait, comme d'une bonne plaisanterie.
En descendant à Cologne, elle abandonna ce dessin sur la vitre sale du train : il commençait à perdre ses contours."

31.01.2008

Frankfurt, autre décor

À Frankfurt, autre décor.
Le lycée étant en pleine réfection, M. Bouché, du bureau du livre de Frankfurt et qui me faisait le plaisir de m'accompagner, me prévient que je vais intervenir... dans une église (protestante) !

Il me faut quelques instants pour réagir à cette annonce. En France, j'aurais sans doute refusé parce que je suis TRES attachée à la laïcité. Mais nous étions en Allemagne.
Eh oui, j’ai encore oublié qu’en Allemagne, il n’y a pas de séparation de l’Église et de l’État...!

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les lycéens attendent le début de la messe... euh, pardon, le début de la rencontre ;-) 

En fait, cette salle est plus une salle polyvalente, d’après ce que j’ai compris. Et j’oublie vite le décors pour me concentrer sur les questions posées.
Un élève me demande « pourquoi êtes-vous devenue écrivain » ?
Question difficile : je n’ai toujours pas l’impression « d’être devenue » écrivain.
Plutôt l’impression que je ne cesse de le devenir…
Que je suis pour l’instant quelqu’un « qui écrit » et qui sera peut-être, un jour « une écrivaine ». Mais j’ai tellement de respect et d’admiration pour la littérature, pour certains auteurs, que j’ai dû mal à dire que je fais partie de cette confrérie.

C'était encore une rencontre bien sympa. Et j’ai aimé l’humour de la prof qui m’accueillait et qui m’a offert… du pain et du chocolat ! (Parce qu’elle a vu qu’un de mes livres sur le pain venait de sortir en Allemagne).

30.01.2008

Du slam à Kassel

Je suis arrivée à Kassel dans la soirée, un peu fatiguée par la journée (trois villes, deux interventions... passée une certaine heure, on ne sait plus très bien où l'on est !)

Après une rapide installation à l’hôtel stratégiquement situé à quelques centaines de mètres du lycée, on m’attend pour aller dîner au restaurant avec les professeurs de français.
Six profs, toutes des femmes, de tous les âges. Et toutes très sympa !
L’ambiance est chaleureuse et je parle un peu de mon dernier roman « L’ombre d’Adrien », et du slam. (Poetry slam, pour les Allemands)
A propos du slam, voilà ce qu'en dit wikipédia (en allemand) :  http://de.wikipedia.org/wiki/Poetry_Slam
Le slam, pour moi, c’est le renouveau de la poésie. Une poésie qui vient de la rue, qui a du sens, et quel plaisir de voir des jeunes (et des moins jeunes), filles et garçons, découvrir et utiliser, avec un talent fou, ces mots de la langue française !

À ce propos, si vous voulez écouter un peu de slam, voilà trois pages sur myspace où l'on peut en écouter :

http://www.myspace.com/lemeilleuramidesmots
http://www.myspace.com/souleymanediamanka
http://www.myspace.com/grandcorpsmalade


La rencontre avec les lycéens de Kassel a lieu dans une « aula » très claire.
Cette fois, je n’ai pas le choix : je dois rester sur l’estrade ;-), mais je n’y suis pas seule. M’y ont rejoint élèves et professeurs. C’est plutôt sympa !
Mme Komma a bien préparé ses élèves, ils ont des questions à poser et sont très attentifs.
Ce qui se passe, c’est que, toute de suite après une rencontre, je n’arrive jamais à me souvenir de quoi j’ai parlé !

Mais je me souviens de ce professeur qui vient me confier quelque chose.

En France dans les années soixante, il a rencontré un « ancien d’Algérie » qui s’est vanté, devant lui, de toutes les atrocités qu’il a commise en Algérie. "Des choses que je ne pourrais même jamais répéter" me dit ce professeur, visiblement encore ému.
Et cela m’interpelle. En effet, peu après être rentrés, un certain nombre d’anciens combattants en Algérie se vantaient de ce qu’ils avaient fait. Puis, peu à peu, on les a moins entendus. Aujourd’hui, la majorité d’entre eux se taisent. Ils étaient souvent très jeunes, à l’époque. Ont-ils mesuré leurs actes que des années plus tard ? Comment vivent-ils aujourd’hui ?

A la fin de la rencontre, je suis repartie prendre un train pour Frankfurt.
J'ai laissé Mme Komma sur le quai de gare, et j’ai eu une pointe de tristesse.
Je rencontre des gens tellement gentils, des femmes et des hommes qui débordent d’énergie pour partager la langue française avec leurs élèves, qui cherchent toujours le moyen d’intéresser, de passionner leurs élèves. J’admire beaucoup leur travail. Mais ces rencontres sont toujours trop brèves. On aimerait les prolonger !

29.01.2008

Göttingen

Göttingen

Quand ils ne savent rien nous dire,
Ils restent là à nous sourire
Mais nous les comprenons quand même,
Les enfants blonds de Göttingen.

Et tant pis pour ceux qui s’étonnent
Et que les autres me pardonnent,
Mais les enfants ce sont les mêmes,
À Paris ou à Göttingen.

BARBARA, "Göttingen".


Extrait de mon journal de bord :

« Arrivée à Göttingen, sous un beau soleil. Nous prenons un taxi, Mme Crochot et moi, pour nous rendre au lycée. Je suis reçue dans une grande salle, mais je demande à ce que ma table et ma chaise soient descendues de l’estrade : elles sont trop loin du public et me placent sur un piédestal qui me déplaît.
Des élèves (presque aussi intimidés que moi) me présentent au public. Puis les questions s’enchaînent tranquillement.
Ensuite, des élèves ont préparé une petite représentation. Deux élèves jouent les rôles du journaliste et de… Cathy Ytak !
C’est assez surprenant. S’affichent sur un écran les réponses que je suis censée donner à propos de mon livre !
Ce travail a été réalisé pour inciter les élèves à lire « les murs bleus ». Une rapide chronologie de la guerre d’Algérie s’affiche également.
Puis les raisons pour lesquelles ce livre « qui parle de pacifisme » devrait être lu.
J’avoue que je suis émue.
Je reprends la parole pour corriger quelques petites erreurs, notamment sur les manifestations parisiennes en 1961, où des dizaines d’Algériens ont été jetés dans la Seine (et non fusillés), et pour ajouter qu’au nombre des victimes déclarées (entre 400 et 600 000 morts), on oublie toujours de parler des femmes et des enfants victimes d’agressions sexuelles et de viols, qui sont aussi des victimes de guerre. »

De cette rencontre, je repars avec du chocolat et surtout un CD de musique
, enregistré dans le lycée, avec probablement des élèves musiciens. Piano, classique et jazz, je l’écoute avec plaisir en écrivant ce blog.
Un petit café bu rapidement dans la salle des professeurs, et c’est déjà le départ pour la gare.
Je n’aurais rien vu de Göttingen ! Mais on m’attend à Kassel…

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Un cadeau appétissant.
C'est une petite plaque de chocolat et pate d'amande, d'environ 8 cm sur 12 cm. C'est très fin.
Et à chaque fois qu'on m'offre ce genre de cadeau, je suis assaillie par le doute : est-ce qu'on doit le garder précieusement en souvenir, ou doit-on y faire honneur en le mangeant ?
Finalement,  je crois que je ne vais pas hésiter très longtemps... Je vais opter pour la seconde solution ;-)) 
(Et le prendre en photo avant pour le garder en souvenir !)