19.04.2008

Le choix d'un titre

Après les couvertures, je vais parler des titres...
Si le choix de la couverture revient à l’éditeur, le choix du titre est plus délicat. Il se situe à la frontière entre travail de l’auteur, et celui de l’éditeur. Il n'est ni tout à fait à l'un, ni tout à fait à l'autre.

En cours d’écriture, un titre reflète souvent le travail de l’écrivain. J’ai raconté sur ce blog comment le titre des « Murs bleus » avait évolué à mesure que l’écriture du roman avançait.
Parfois, un titre s’impose dès le départ… et ne correspond plus à l’arrivée.
Parfois, le titre choisi ne plaît pas à l’éditeur, pour de multiples raisons.
Alors il faut en trouver un autre… et ça n’est pas facile.
Un titre, ça doit résumer le livre, mais pas trop. Ça doit donner envie de lire… Ça doit être plein de sens, de couleur, de saveur, de sous-entendu, ça doit tout porter et être joli à entendre (ou dissonant si le roman l’exige)… C’est compliqué !

 

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L’année dernière, j’ai animé des ateliers d’écriture autour des titres,
à la médiathèque de Noisy-le-Sec.
Yann Autret avait illustré le tout.
 
Pour mes romans ados/adultes, j’ai toujours gardé le titre que j’avais proposé au départ. Sans aucun problème.
Mais voilà… pour le monologue qui va sortir chez Actes Sud Junior, situation inédite : c’est moi qui n’aimais pas le titre que je lui avais donné. Et je ne parvenais pas à trouver mieux.
Enfin, j’ai décidé : le livre porterait le prénom de l’héroïne du roman.
« Oui, mais, a objecté l’éditeur, c’est un beau titre une fois qu’on a lu le livre. Avant, il ne dira pas grand-chose aux lecteurs».
J’ai acquiescé. C’est un argument imparable.
L’éditeur m’a proposé un autre titre. Il fallait faire vite. Je l’ai accepté. Avant de me rendre compte qu’il n’était pas joli, question sonorité. Et, plus grave, il ne « résonnait » pas en moi, et se prêtait à des jeux de mots idiots.

Le temps pressait. Le temps presse toujours, dans l’édition.
Les horloges sont frénétiques…
Et moi, je suis plutôt lente.
Et c’est là où l’on mesure l’importance de travailler avec des gens qui vous respectent, qui sont à l’écoute et qui, même dans l’urgence, prennent le temps. J’en ai parlé à Jeanne Benameur, directrice de collection. Nous avons réfléchi ensemble. Vite, très vite.

Le titre adopté finalement prend en compte la proposition de l’éditeur, et la mienne.
C’est ce qu’on appelle une collaboration réussie.
Mon prochain texte pour ado aura pour titre : « Rien que ta peau ».

15.01.2008

L'absence de titre dans les chapitres

 Suite des questions des collégiens de Giromagny

Nicolas m'écrit : « Je n’ai pas trop aimé votre livre car ce n’est pas mon genre de lecture. Je préfère les livres historiques. »

On a tout à fait le droit de ne pas aimer un livre et de le dire ! Donc, bravo pour la franchise.
Mais passons aux questions :
"Concernant votre livre, j’ai trouvé étrange qu’il n’y ait pas de titre pour les chapitres comme dans les autres livres et je me demande pourquoi ?"

C’est une question de choix. Je mets souvent des titres de chapitre dans mes romans pour les plus jeunes, mais pas toujours. Ensuite, je préfère que mes plus grands lecteurs se laissent porter par l’histoire, sans « savoir ce qui va se passer ».
Parce qu’un titre de chapitre, c’est souvent une sorte de résumé de ce qu’on va lire… Je préfère laisser la surprise. Et pour ma part, je n'aime pas trop les romans dans lesquels les chapitres ont des titres. Sauf lorsque les titres sont très longs et sont presque déjà des histoires à eux seuls. Comme dans, par exemple, les romans de Jules Verne : " Chapitre IV "Dans lequel Philéas Fogg stupéfie Passepartout son domestique"... ("Le tour du monde en 80 jours").

18.11.2007

Le titre "les murs bleus"

Anouk me pose cette question :"Trouvez-vous que "les murs bleus "est un bon titre? et si oui pourquoi.

je vais avoir un peu de mal à répondre à cette question, parce que ce titre, c'est moi qui l'ai choisi... Donc, quelque part, c'est parce qu'il me plaît ! ;-)

Je ne sais pas si c'est "un bon titre", mais j'ai trouvé que c'était une manière de renvoyer deux histoires, comme deux faces d'un miroir. En effet, une même scène violente se répète dans le roman, et à chaque fois, elle se déroule contre des murs bleus. En Algérie, en 1962, pendant la guerre, puis quelques années plus tard, cette fois au Brésil.

Le bleu, c'est la couleur du romantisme... Or ces murs bleus là sont au contraire plein de violence.

On pourrait dire aussi qu'Antoine, dans ce livre, est coincé entre des murs et qu'il va devoir les abattre pour vivre libre. Et l'enfant aussi... D'ailleurs, Loirinho oublie son horreur de la couleur bleue en découvrant la couleur de la mer.

Enfin, ce livre ne s'est pas toujours appelé "Les murs bleus". Au départ, j'avais choisi "Le chant des orangers". Puis j'ai eu idée de "Les mains coupées" (mais ce titre a déjà été pris pour un film), et enfin j'ai choisi "Les murs bleus".

Et vous, qu'en pensez-vous ?