01.09.2011
Le Caire à corps perdu, roman de Khaled Osman
J'ai parfois la chance d'assister à la naissance d'un roman... Et c'est le cas avec "Le Caire à corps perdu", de Khaled Osman, qui va paraître aux éditions "Vents d'ailleurs".
J'ai donc vu comment ce roman s'affinait, s'affirmait, se modelait, se peaufinait, se ciselait... Et c'est, au final, un vrai coup de coeur.

De quoi parle ce roman, en quelques mots ? On peut dire qu'il s'agit d'un Égyptien qui retourne au Caire après des années d'absence mais qui, à peine arrivé, perd la mémoire. Mais pas toute la mémoire. Si son identité semble s'être effacée, il reste dans son cerveau une mémoire intacte : celle de l'écrit, poèmes et récits arabes qui ont bercé sa vie.
Et cet homme (presque) sans mémoire va trouver refuge dans une pension comme on les aime : pleine de vie, truculente, avec des personnages aussi attachants que haut en couleurs. Tous vont l'aider, à leur manière, pour qu'il retrouve la mémoire. Mais quelle mémoire, et pour quoi en faire ?
Evidemment, c'est un résumé trop... résumé !
C'est un très beau roman, tonique, savoureux, souvent très drôle. Il peut se lire comme une longue et vivifiante promenade à travers le Caire, ou comme un polar, ou comme un instantané de vie, ou comme une réflexion sur la mémoire et l'identité. C'est un peu tout ça qui fait sa richesse, le tout servi par une belle écriture.
Je crois qu'il me touche aussi parce qu'il aborde, au fond, des sujets qui me tiennent à coeur : qu'est-ce qu'une identité ? A quel pays appartient-on ? Peut-on choisir sa terre d'accueil ? A quoi sert la mémoire ?
Et j'aime ce livre parce qu'il est baigné d'humour, de bonne humeur et de tendresse. En un mot, il est plein de chaleur et d'humanité (ce qui nous fait souvent défaut, en France, au moins dans la littérature).
Khaled Osman, l'auteur, est égyptien, il a grandi en France. Il est traducteur de très grands auteurs égyptiens, comme Naguib Mahfouz et Gamal Ghitany, et maintes fois récompensé pour la qualité de ses traductions."Le Caire à corps perdu" est son premier roman.
"Le Caire à corps perdu", roman, éditions Vents d'Ailleurs.
Sortie 22 septembre 2011
"Quelques questions à Khaled Osman", c'est par ici : http://www.ytak.fr/archive/2011/09/01/quelques-questions-...
On peut également retrouver Khaled Osman sur son site web : http://khaledosman.fr/
10:31 | Lien permanent | 4/dernières lectures | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : khaled osman, le caire à corps perdu, interview, egypte, roman
17.11.2010
Le retour de la demoiselle, roman
Je me souviens du début de l'aventure de l'écriture de ce roman pour jeunes ados, c'était en novembre 2009, il y a presque un an jour pour jour... J'en ai même glissé quelques mots sur ce blog.
C'est un roman que j'ai écrit en deux fois. Comme cela m'arrive parfois, un personnage tout à fait secondaire dans mon synopsis de départ a commencé à prendre ses aises. Il s'est installé, a débordé du cadre prévu, il a poussé les autres jusqu'à arriver au premier plan.
J'ai du tout réécrire pour lui laisser la place qui lui revenait.
Dans "Le retour de la demoiselle". Le personnage pivot du récit n'est donc pas celui que j'avais prévu au départ!
Le roman est terminé depuis l'été dernier.
Si j'en parle ce soir, c'est qu'il vient de trouver son port d'attache.
Hier soir, j'ai reçu un petit mail, tout simple. Un petit mail qui disait : "J'aime beaucoup votre manuscrit et serais heureuse de le publier... Appelez-moi quand vous le pourrez, afin que nous convenions d'un rendez-vous."
C'est un éditeur jeunesse important avec qui je n'ai jamais travaillé jusqu'à maintenant. Et pour moi, avoir un livre publié chez eux, c'est... Eh bien, je dois dire que je ne réalise pas encore très bien! J'en ai rêvé, quelque fois, allez.
Je vous en dirai plus quand j'aurai reçu le contrat. Mais je suis vraiment heureuse de voir ce livre vivre sa vie au grand jour, rencontrer des lecteurs.
Il parle de deux sujets qui me tiennent à coeur :
Le premier sujet, c'est la fragilité de la terre sur laquelle nous vivons, et de la manière dont elle peut être détruite, au nom du fric et du profit.
Le second sujet, c'est la musique. Ou comment la pratique d'un instrument de musique peut porter loin, très loin. En l'occurrence, là, il s'agit de harpe celtique.
Le roman se déroule dans le massif du Jura. Ce pourrait être pas très loin des paysages de "Rendez-vous sur le lac", ou bien de "Rien que ta peau". Ce qui est nouveau, dans mon travail, c'est qu'il y a une dimension fantastique qui s'inscrit dans le récit.
Je ne vais pas en dire plus, pour l'instant. Le livre sortira à l'automne prochain... J'aurai donc le temps de vous en reparler ! Et de le peaufiner encore un peu.
21:39 | Lien permanent | 2/L'écriture | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : le retour de la demoiselle, roman, écologie, musique
03.07.2010
Lectures estivales 2010, Sébastien Doubinsky
Quelques lectures pour l'été... Mes coups de coeur 2010.
"Quién es ?" de Sébastien Doubinsky.
"Quién es ?" "Qui est-ce ?" Sont les dernières paroles, aujourd'hui célèbres de Billy The kid, mort à 20 ans.
Se glissant dans la peau de ce personnage devenu mythique, Sébastien Doubinsky tisse un monologue sensible et émouvant. C'est un petit roman en taille (80 pages), mais grand par sa puissance évocatrice, et la beauté de son écriture.
A déguster !
En voilà un extrait que j'aime beaucoup.
[...] « bonheur »
Le mot emplit ma bouche comme de la neige, empêche ma langue de bouger, se tasse contre mes dents – ce n’est pas que je n’ai pas envie de le prononcer, mais c’est un mot qui exige qu’on s’arrête, qu’on soit un tant soit peu immobile et moi je suis toujours en mouvement – en fuite, oui, mais pas seulement – je poursuis aussi quelque chose, mais ce n’est pas le bonheur, justement – je poursuis quelque chose ou quelqu’un qui me ressemble, mais je ne vois que son dos et plus je m’approche, plus il semble s’éloigner, comme un mirage dans le désert – le bonheur me semble être une évidence, un instant où l’on doit se dire qu’on est exactement là où l’on doit être – et même si un jour mon nom mérite de rester dans les mémoires, il ne cessera de s’envoler avec le vent pour se poser un peu plus loin, comme la page jaunie d’un vieux journal ou un tumbleweed désseché – un nom qu’on sentira flotter sur le visage, dont on sentira le parfum de poudre, mais qu’on ne pourra jamais saisir." [...]

Quién és ? de Sébastien Doubinsky
22:55 | Lien permanent | 4/dernières lectures | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : doubinsky, quien és, losfeld, lectures, roman






































