06.12.2009
Merci pour cette merveilleuse rencontre
"Bonjour,
nous tenons à vous remercier pour l'échange que nous avons eu lors du salon du livre de Ruelle. Vous avez répondu à toutes nos questions avec un discours simple et beaucoup de dynamisme. Nous avons apprécié que vous nous dévoiliez vos projets de romans. C'était une superbe expérience, nous avons hâte de lire vos prochains albums. Merci beaucoup !"
Le Club lecture du collège Marguerite de Valois.
Quand on reçoit un mail comme ça, on a le coeur qui bat plus vite ! Et qu'elle était belle, cette rencontre à Ruelle, avec le club lecture...
Des ados de la sixième à la troisième, de vrais et gros lecteurs dont le plaisir de lire se... lisait dans leurs yeux. Des questions qui fusent, un véritable échange. Pour moi, c'était fort et très émouvant !
Merci à vous, parce que ce sont des lecteurs comme vous qui me donnent envie de continuer à écrire.

Un morceau du cercle des lecteurs du club lecture Marguerite de Valois. Quelle belle rencontre !
(merci à Damien pour la photo).
Ce salon de Ruelle était vraiment sympa, et quel boulot font les organisateurs toute l'année en faveur de la lecture ! Je mesure combien leur travail est essentiel pour que nos livres soient lus par ceux à qui ils sont destinés. Merci à vous tous et toutes, et merci aussi pour vos sourires et votre accueil.
18:21 | Lien permanent | 5b/Rencontres et voyages | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ruelle, rencontre, club lecture marguerite de valois
10.04.2009
Des mots d'ailleurs
De retour du Pays de Montbéliard... deux jours d'interventions en collèges et lycées (à Seloncourt, Montbéliard, Béthoncourt, Valentigney) et deux jours de salon (à Voujeaucourt). De multiples rencontres, de belles énergies, des sourires et des rires. Des questions, des interrogations, des doutes, des incompréhensions.
Etre adolescent aujourd'hui n'est pas si simple, entre société, famille, et manque de perspectives.
Je constate, avec une certaine tristesse, que ce que nous croyions acquis il y a vingt ans ne l'est pas toujours. Le droit des femmes à décider de leur vie, de leur corps et de leur sexualité semble à nouveau poser problème...
Il ne faut pas donc pas lâcher la barre et tenir bon...
Il y a également une passivité chez certains lecteurs qui m'étonne. Si l'adolescent n'est pas l'acteur de sa propre vie, quand le sera-t-il ? Une fin ouverte les perturbe : « Mais, m'dame, on ne sait pas ce qui va se passer après... ».
Oser imaginer, oser penser par soi-même... Voilà peut-être de nouveaux défis en ce début de XXIe siècle !

Une vue du Salon "les livres complices", à Voujeaucourt (Merci encore à Muriel pour son accueil).
Je ne détaillerai pas toutes les interventions. Je remercie l'ensemble des enseignants qui se sont investis, et tous les élèves qui ont joué le jeu, et bien participé.
Je voulais juste parler d'une rencontre, peut-être parce qu'elle a touché, chez moi, un point sensible, et m'a profondément émue.
C'était dans le Lycée professionnel Albert Camus de Bethoncourt.
Un petit groupe de terminale pro, dans un CDI bien aménagé. Après un rapide échange de questions/réponses, les jeunes m'expliquent qu'ils ont préparé quelque chose à mon intention. Ils sont allés sur mon blog, ont essayé de repérer ce qui me tenait à coeur, ce qui faisait sens dans ma vie.
Ils se sont dit que, si j'étais traductrice, c'est que la langue, les langues, devaient compter pour moi.
Or dans cette classe, plusieurs élèves étaient issus d'une autre culture, d'un autre pays.
Alors, avant mon arrivée, ils ont repris « Rien que ta peau », qu'ils avaient tous lu en français, et en ont traduit un morceau dans leur langue maternelle.
Et, devant moi, ils se sont levés pour me lire un extrait de « Rien que ta peau » en portugais d'Angola, arabe dialectal, allemand, serbo-croate, et turc.
Et chacun a écouté la langue de l'autre dans un très beau silence attentif.
C'était terriblement émouvant. J'ai bien failli me mettre à pleurer ! Je crois que je ne pourrais jamais plus relire ce passage en français sans entendre, dans ma tête, ces voix venues d'ailleurs :
« a primeira ves... eu gostei muito desa esprésão : a primeira ves... A primeira ves que eu ti vi... estas a ver, meu coração estava a baterse. Nos nuca sabemos, a primeira ves, que é a primeira ves... »
Pour nous remettre de toutes ces émotions, Sébastien Praderes, le documentaliste, à l'origine de ce si beau cadeau, avait préparé des jus de fruits et des gâteaux pour tous les élèves.
Je pensais alors que la rencontre était terminée ! Mais non, après avoir bu et mangé, discuté, plaisanté, les élèves sont revenus d'eux-mêmes se rasseoir pour continuer la rencontre.
Il y a, comme ça, dans nos vies d'auteurs, des moments magiques qu'on aimerait prolonger un peu.
Un grand merci à vous toutes et tous. Je n'ai pas récupéré le texte en turc et en arabe dialectal... Vous pouvez me les envoyer par mail. Je le mettrai sur mon blog, avec les autres textes.
Les photos prises pendant la rencontre seront sont aussi les bienvenues. (en voilà une, merci à Sébastien Praderes pour ses envois)

Première lecture, dans un silence attentif...
10:57 | Lien permanent | 5b/Rencontres et voyages | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : traduction, rencontre, béthoncourt
06.10.2008
Le trac
« Je ne sais pas comment tu fais pour parler devant tant de gens, moi, ça me rendrait malade de peur… me dit-on.
Mais je suis malade de peur ! Je ne dors pas la veille ni les jours précédents, j’ai les paumes qui se couvrent de sueur, le cœur qui bat à 2000 à l’heure.
Le jour J, j’ai toujours envie de faire pipi deux secondes avant de commencer, alors que je suis déjà allée trois fois aux toilettes en moins d'un quart d’heure (on ne rit pas), j’ai soif, j’ai peur de renverser mon verre, je me demande brusquement ce que je fais là et pourquoi je ne suis pas chez moi, bien tranquillement devant mon ordinateur, ou en train de faire mon pain dans ma cuisine… Et je me dis que, quand même, la littérature, ça mène à tout, y compris à faire l’andouille devant des gens qui en savent mille fois plus que vous sur tout, y compris sur vos propres livres.
Là, j’ai vraiment très envie de ficher le camp.
Et puis, finalement, je me raisonne et me dis : « Ecoute-moi, Cathy Ytak, tu n’es pas en train de passer un examen qui met ton avenir en jeu, tu n’es pas derrière une caisse de supermarché, les gens qui te font face n’ont a priori pas envie et pas de raison de t’en vouloir. Tu es vivante, tu es libre, et il y a pire dans la vie que ce que t’es en train de vivre. Les gens sont là pour passer un bon moment, alors toi aussi. Donc, t’arrêtes d’avoir le trac, sinon t’es une vraie petite conne qui n’a rien compris à la chance qu’elle a, de pouvoir parler de son travail comme ça » (oui, oui, je vous assure, je me parle de cette manière).
Et ça marche… Mais il faut que je me remonte les bretelles comme ça à chaque fois…. Et j’ai toujours autant le trac !
Ce qui a changé, c’est que depuis quelque temps j’ai appris à apprécier les silences du public, son écoute, sa respiration. C’est très fort, et si on écoute bien, ça peut même être un grand moment de bonheur.

lecture publique à Ludwibsburg, 27 septembre (photo B.D)
Le 27 septembre dernier, à Ludwigsburg, près de Stuttgart, je me suis retrouvée dans une situation inédite pour moi : une scène fortement éclairée, et un public dans le noir. Comme au théâtre.
Au début, c’est déstabilisant, parce qu’on ne voit pas les gens. On les entend. On sent les vibrations. C’est étrange. Il y a une communication qui s’établit malgré tout, mais qui ne passe pas par le regard. Un ami chanteur m’avait parlé de ça, un jour, mais je ne l’avais jamais vécu. C’est impressionnant.
En Allemagne, à la fin d’une lecture, les gens applaudissent. Et là, d’un seul coup, j’ai l’impression de plonger dans un trou noir : je ne me souviens plus de rien. C’est peut-être une chance, finalement: je n’ai ainsi pas l’impression de me répéter d’une fois sur l’autre.
Dans une semaine, je ferai une lecture publique à la foire du livre de Frankfurt. Et dans un mois, ce sera une participation à un colloque sur «écrire/traduire » lors des Assises de la traduction, à Arles.
Rien que d'y penser, j’ai déjà mal au ventre...
Mais voilà, une fois le trac passé, il y a cette communication étrange entre le public et vous. C’est mystérieux, et un peu exaltant, finalement. C'est une espèce de retour direct que l'on a que très rarement, quand on écrit.
15:10 | Lien permanent | 3/ Au jour le jour | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : trac, rencontre, public, allemagne, lecture
04.10.2008
Impressionnante rencontre
Il y a des rencontres dont on se souvient. Souvent celles qui n'étaient pas évidentes au départ !
Savoir que j'allais intervenir devant 150 élèves allemands, du petit collégien au grand lycéen, avec des niveaux de connaissance de langue française allant d'un an de pratique en 3e langue à six ou sept ans ne me rassurait pas vraiment.
Finalement, il y avait presque 200 élèves dans cette grande salle...
Et une écoute et un silence attentif dont je me souviendrai longtemps.
J'ai essayé de parler lentement.
J'ai essayé d'expliquer avec des mots simples ce que j'avais eu envie d'écrire.
J'ai essayé de lire des extraits de mes livres en y mettant le ton, l'intonation, l'expression qu'il fallait.
J'ai expliqué que la langue était avant tout une musique, et qu'il n'était pas toujours nécessaire de connaître toutes les notes pour l'apprécier.
J'ai dit cela sans même savoir si j'étais bien comprise.
Alors, cette écoute, c'était quelque chose d'impressionnant, presque incroyable.
Et lorsque j'ai vu des mains se lever, timidement, pour poser des questions, j'ai trouvé ça magique !
Derrière moi, sur la scène, il y avait un joli présentoir avec des textes, écrits par des lycéens, sur des feuilles de toutes les couleurs. C'était très beau. J'aurais aimé les lire aux élèves rassemblés, mais c'était difficile de choisir. Certains textes étaient très personnels.
Je me suis alors souvenue du plaisir que j'éprouve parfois à écrire en catalan, cette langue que j'ai apprise et qui ne sera jamais ma langue maternelle. Comme si d'écrire dans une autre langue nous libérait de certaines entraves, tout en nous rendant plus incertains (on ne sait jamais si on va être compris ou non), et parfois presque impudiques (parce qu'on ne connait pas toujours les mots qui nuancent, voire dissimulent nos propos).

Voilà une photo de la rencontre, "volée" sur le site de l'école.
Les autres photos sont ici (cherchez la date "Montag, der 29. September 2008")
Merci encore à tous ceux et celles qui ont rendu cette rencontre possible. Notamment Jürgen Mertens.
A ceux qui me feront remarquer qu'il s'agit d'une école catholique (alors qu'on connaît mes idées farouchement laïques), je tiens à rappeler qu'en Allemagne il n'y a pas de séparation de l'Eglise et de l'Etat.
18:20 | Lien permanent | 5b/Rencontres et voyages | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : allemagne, rencontre, élèves allemands






































