24.09.2008

Sous mes doigts..."Rien que ta peau"

Il est là, sous mes doigts, il vient de sortir de l'imprimerie. Il sera en librairie mercredi prochain, 1er octobre. Je le hume un peu, le retourne, le soupèse, je remarque que le vert de la couverture est assez proche du vert utilisé par Corinne Salvi dans sa couverture de «Rendez-vous sur le lac », et l'analogie m'amuse. Deux histoires d'amour sur lac gelé et deux verts qui se ressemblent...
Mais les ressemblances s'arrêtent là : « Rien que ta peau » s'adresse à des lecteurs plus vieux, de grands ados, et des adultes aussi, j'espère.
Sur le blog de Livralire, Véronique Lombard lançait récemment un vibrant plaidoyer pour un « décloisonnement » des genres. Je suis d'accord avec elle.
Il y a des livres pour enfants qui font pleurer et rire les adultes, et des livres pour adultes que les ados s'approprient sans autorisation (et c'est tant mieux !).

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Donc voilà, « Rien que ta peau » est là, publié. Je le couve encore du regard. Je suis pleine de sentiments et de sensations contradictoires : il est là, et il m'échappe.
Cet après-midi, j'ai reçu un premier avis sur le livre, par mail. La poste étant en grève hier, et les envois de presse n'ayant été faits que lundi, je ne m'y attendais pas, pas si tôt.
Un premier avis, c'est un peu comme un avertissement : « Attention, ton livre ne t'appartient plus. Maintenant, d'autres que toi vont le lire et donner leur avis. Le cordon est coupé. »
Et là, brusquement, la peur et le doute refont surface : Et si je ne lui avais pas insufflé assez de force, assez de couleur, assez d'énergie pour qu'il trace son chemin tout seul ?

De mon stylo à la page, je vois une rivière d'encre, comme un flot de sang qui l'irrigue. Comment se fait l'irrigation une fois le livre imprimé ? Elle se fait sans moi. Et si je n'ai pas ouvert les vannes assez grandes au départ, elle se fera mal. C'est toujours ce que je crains. Et puis après, je laisse les champs comme ils sont, bien ou mal irrigués, c'est égal. Après tout, on ne sait rien des nuages, de la pluie, des tempêtes, pas plus que du soleil qui réchauffe les prairies gelées, le matin.

Il était beau, ce mail, cet après-midi. Il m'a touchée.