02.07.2010
Lectures estivales 2010, Pierre Gallissaires
Première proposition de lectures pour l'été. On commence avec de la poésie.
Pierre Gallissaires, grand traducteur de l'allemand (mais aussi de poètes néerlandais), est poète lui-même. Il vient de publier "Le dit du poème parmi d'autres", aux éditions Aviva.
"Je ne sais qui dit quoi
Je ne sais qui
dit sept et retient douze à déjeuner
dit quoi
s'accuse de l'orage et foudroie son chagrin
prend la parole au pied d'un mur
écoute les images
tourne six fois son pouce dans la bouche et l'avale
son bec
dans la poche et l'enlève
pleure deux fois plus vite que son ombre
je ne sais qui prétend
être né le premier qui dément
je ne sais quoi
dérange
persiste et digne se défend
je ne sais qui splendide
va là
prend la parole au pied d'un arbre
et vit"
Pierre Gallissaires. "Le dit du poème parmi d'autres".
Editions Aviva, 84 rue Amédée-Berque. 33130 Bègles.
15:51 | Lien permanent | 4/dernières lectures | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pierre gallissaires, traduction, poésie
12.12.2009
Chaque fois que...

"Chaque fois que je traverse un mur, je me fais mal aux ailes."
Achille Chavée.
(Achille Chavée, poète belge et surréaliste, né en 1906 et mort en décembre 1969).
(photo E.B.C. Berlin, automne 2009)
13:45 | Lien permanent | 5/Instants volés | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : achille chavée, poésie, berlin, mur
27.04.2009
André Laude, un poète
"Ne me demande pas pourquoi j’écrisNe me demande pas pourquoi tête la première
je plonge dans le tumulte volcanique des syllabes
que le passage de mon corps réveille
Ne me demande pas pourquoi au lieu de dormir
comme font les honnêtes gens
je cloue à minuit des papillons de couleurs et de sons
sur le ciel des solitudes
Ne me demande pas pourquoi je saigne auprès des lampes
Ne me demande pas pourquoi dans la rue
j’enlace le tronc d’un marronnier en pleurant les cheveux sur les yeux
pour ne pas être vu… [..]
Ne ne demande pas pourquoi ceci n’est pas vraiment un poème
mais un feu de mots soudés par la salive le souffle
Ne me demande pas
Écoute. Regarde. Ouvre les milles pupilles sèches de ton sang
Tends l’oreille dans la direction de la rue de la terre sueurs et larmes"
[…]
André Laude, poète. Mort en 1995 à Paris.
J’ai découvert ses romans et sa poésie lorsque j’avais dix-huit ans. Et ce fut pour moi un véritable choc littéraire, une déflagration.
Encore aujourd’hui, lorsque je croise quelqu’un qui me dit « Ah, tu connais la poésie de Laude ? » mon cœur bat plus vite.
J’ai croisé plusieurs fois ce poète dans des cafés de Paris où il n’en finissait pas de raconter ses mille et une vies à des piliers de bar. Une fois, il avait, sortant de l’une de ses poches de pardessus, un livre d’un autre grand poète, Tristan Cabral

23:50 | Lien permanent | 4/dernières lectures | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : andré laude, tristan cabral, poésie






































