03.04.2008

Federico García Lorca, encore

"A la page 76, vous citez un vers d'un poème de Lorca. Aimez-vous ce poète? Comment avez-vous trouvé ce vers?"

J'ai longtemps pensé, et je le pense encore, que les poètes  peuvent être des lumières
, des phares qui éclairent un chemin de vie. Sur ce blog, j'en ai déjà parlé là.

J'ai découvert Federico García Lorca assez tard (je devais avoir 24 ou 25 ans) et par le filtre des traductions. Et pourtant ses mots m'ont tout de suite bouleversée. A chaque étape de ma vie, j'ai trouvé chez ce poète un écho à mes questions et mes doutes, mes joies aussi.

Je ne sais plus de quels poèmes sont extraites les quelques lignes publiées dans « Les murs bleus »... J'ai oublié de le noter, et je n'arrive pas à les retrouver. Il se peut qu'elles viennent de son théâtre.
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La plupart de mes romans font référence à Lorca, d'une manière ou d'une autre.
Dans «L'ombre d'Adrien » c'est un poème mis en exergue (en tête du livre). Tout comme dans « Place au soleil », d'ailleurs.
Dans le livre d'entretien que j'ai fait avec le metteur en scène catalan Lluís Pasqual, Lorca est très présent. Lluís Pasqual a mis en scène ce poète d'une manière extraordinaire.

Lorca n'était pas que poète. Il a écrit des pièces de théâtre magnifiques. Dans « la maison de Bernarda Alba », il a par exemple décrit, comme personne avant lui, l'enfermement des femmes et leurs révoltes. Il a également écrit du théâtre très avant-gardiste (comme « le public » ou « pièce sans titre »).
Lorca était un homme engagé, qui a beaucoup fait pour que le théâtre sorte du « lieu » théâtre et qu'il soit accessible à tous. Il dessinait aussi.

Et j'aime tellement ce poète qu'un de ses dessins est tatoué sur le haut de mon bras droit.

PS.
Petit ajout : "Dans les yeux s'ouvrent des sentiers infinis" est tiré d'un poème intitulé "Les yeux" (Los Ojos). (Merci Lionel !) Il fait partie, non pas du Romancero Gitano, mais des "Suites" et plus exactement des "Suite des miroirs".
En revanche, je cherche toujours le second extrait...

Second ajout ! ça y est ! Je viens de retrouver le second extrait d'un poème de Lorca, dans "Les murs bleus". il est tiré de "Lune et panorama des insectes, poème d'amour", in "Poète à New York". 

"Rien ne nous sauve, ni les ténias sous verre,
 ni les herbiers où le métaphysicien
trouve les autres versants du ciel."

09.12.2007

Ce qui nourrit mon écriture...

"Moi si j'avais faim et me trouvais démuni dans la rue, je ne demanderais pas un pain mais un demi pain et un livre. Et depuis ce lieu où nous sommes, j'attaque violemment ceux qui ne parlent que revendications économiques sans jamais parler de revendications culturelles : ce sont celles-ci que les peuples réclament à grands cris. Que tous les hommes mangent est une bonne chose, mais il faut que tous les hommes accèdent au savoir, qu'ils profitent de tous les fruits de l'esprit humain car le contraire reviendrait à les transformer en machines au service de l'état, à les transformer en esclaves d'une terrible organisation de la société."
Federico Garcia Lorca, septembre 1931, extrait d'une "Allocution à la population de Fuente Vaqueros".

 

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Ce texte a été repris sur le blog de Blandine Longre. Je viens de le découvrir.

Vous vous souvenez de Fuente Vaqueros ?
"Lorsque l’idée de revenir clandestinement en France l’effleurait encore, il s’imaginait traverser l’Espagne et faire une halte à Grenade, puis prendre l’autocar qui mène à Fuente Vaqueros, là où le poète avait vu le jour. Antoine songe que Lorca est mort à l’âge qu’il a aujourd’hui : trente-huit ans. Une mort dictée par un pouvoir qu’il n’avait cessé de remettre en cause...  »
(in "Les Murs bleus", page 76)

La poésie fait partie de mes lectures, et le poète Lorca est sans doute le poète qui m'accompagne le plus. Je crois qu'il apparaît dans tous mes livres, d'une manière ou d'une autre...

Allez faire un tour sur le blog de Blandine Longre. C'est une mine d'or ! Et c'est l'exemple même de cette nourriture dont parle Lorca. Celle qui nourrit à l'intérieur.