04.09.2009
Gellins en août
Oh, je sais ce que vous allez dire...
Le mois d'août a été très silencieux. J'ai déserté un peu la blogosphère, histoire de prendre l'air ! Mais voilà septembre arrivé, et la rentrée. Donc, je reprends du service, et je vais vous dire deux mots du Salon du livre de Gellins (dans le Doubs).
C'était un beau salon ! J'ai eu le grand plaisir d'y retrouver des auteurs que j'aime bien, et d'en découvrir d'autres. Et ça n'a pas été triste, regardez :

Entre Bernard Friot et Anne Ferrier. Mais qu'est-ce qui nous faisait autant rire ? (Je vais vous le dire... Je leur parlais des couvertures de mes livres que je trouvais les plus moches ;-)
Et notamment une série de lectures, des extraits des livres d'auteurs présents. Je ne m'y attendais pas, mais cela a commencé par des extraits de mon roman "Place au soleil". Une lecture fine et émouvante de Sabah Maach, en photo ci-dessous.

19:16 | Lien permanent | 5b/Rencontres et voyages | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : gellins, salon du livre, bernard friot, anne ferrier, lecture, sabah maach
06.10.2008
Le trac
« Je ne sais pas comment tu fais pour parler devant tant de gens, moi, ça me rendrait malade de peur… me dit-on.
Mais je suis malade de peur ! Je ne dors pas la veille ni les jours précédents, j’ai les paumes qui se couvrent de sueur, le cœur qui bat à 2000 à l’heure.
Le jour J, j’ai toujours envie de faire pipi deux secondes avant de commencer, alors que je suis déjà allée trois fois aux toilettes en moins d'un quart d’heure (on ne rit pas), j’ai soif, j’ai peur de renverser mon verre, je me demande brusquement ce que je fais là et pourquoi je ne suis pas chez moi, bien tranquillement devant mon ordinateur, ou en train de faire mon pain dans ma cuisine… Et je me dis que, quand même, la littérature, ça mène à tout, y compris à faire l’andouille devant des gens qui en savent mille fois plus que vous sur tout, y compris sur vos propres livres.
Là, j’ai vraiment très envie de ficher le camp.
Et puis, finalement, je me raisonne et me dis : « Ecoute-moi, Cathy Ytak, tu n’es pas en train de passer un examen qui met ton avenir en jeu, tu n’es pas derrière une caisse de supermarché, les gens qui te font face n’ont a priori pas envie et pas de raison de t’en vouloir. Tu es vivante, tu es libre, et il y a pire dans la vie que ce que t’es en train de vivre. Les gens sont là pour passer un bon moment, alors toi aussi. Donc, t’arrêtes d’avoir le trac, sinon t’es une vraie petite conne qui n’a rien compris à la chance qu’elle a, de pouvoir parler de son travail comme ça » (oui, oui, je vous assure, je me parle de cette manière).
Et ça marche… Mais il faut que je me remonte les bretelles comme ça à chaque fois…. Et j’ai toujours autant le trac !
Ce qui a changé, c’est que depuis quelque temps j’ai appris à apprécier les silences du public, son écoute, sa respiration. C’est très fort, et si on écoute bien, ça peut même être un grand moment de bonheur.

lecture publique à Ludwibsburg, 27 septembre (photo B.D)
Le 27 septembre dernier, à Ludwigsburg, près de Stuttgart, je me suis retrouvée dans une situation inédite pour moi : une scène fortement éclairée, et un public dans le noir. Comme au théâtre.
Au début, c’est déstabilisant, parce qu’on ne voit pas les gens. On les entend. On sent les vibrations. C’est étrange. Il y a une communication qui s’établit malgré tout, mais qui ne passe pas par le regard. Un ami chanteur m’avait parlé de ça, un jour, mais je ne l’avais jamais vécu. C’est impressionnant.
En Allemagne, à la fin d’une lecture, les gens applaudissent. Et là, d’un seul coup, j’ai l’impression de plonger dans un trou noir : je ne me souviens plus de rien. C’est peut-être une chance, finalement: je n’ai ainsi pas l’impression de me répéter d’une fois sur l’autre.
Dans une semaine, je ferai une lecture publique à la foire du livre de Frankfurt. Et dans un mois, ce sera une participation à un colloque sur «écrire/traduire » lors des Assises de la traduction, à Arles.
Rien que d'y penser, j’ai déjà mal au ventre...
Mais voilà, une fois le trac passé, il y a cette communication étrange entre le public et vous. C’est mystérieux, et un peu exaltant, finalement. C'est une espèce de retour direct que l'on a que très rarement, quand on écrit.
15:10 | Lien permanent | 3/ Au jour le jour | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : trac, rencontre, public, allemagne, lecture
27.02.2008
La lecture accompagnée
[...] Je voudrais dire à l'auteure que j'ai choisi d'étudier son roman en classe, en grande partie pour cela: il aborde des questions fortes, graves et essentielles (la colonisation,la guerre, le viol, etc...) mais débouche sur l'affirmation qu'on reste libre, qu'on peut toujours choisir, lorsqu'on accepte d'affronter son passé et qu'on est aimé.
Mes élèves ont trouvé le livre un peu difficile à la première lecture à cause des nombreux retours en arrière, du va et vient entre les lieux mais lorsque nous allons plus loin ensemble ils découvrent d'autres significations, plus subtiles, et en sont heureux. Les adolescents apprécient qu'on ne les prenne pas pour des imbéciles et qu'on attende d'eux qu'ils construisent par eux-mêmes un sens à ce qu'ils lisent, au lieu de leur proposer des histoires gentillettes, emballées dans du papier rose. [...] Catherine Popoff
Je reprends, dans ce post, une partie de ce commentaire (que l'on peut lire en intégralité en cliquant ici), envoyé par un prof de classe de 3e dans un petit collège rural (je ne sais pas où).
Je suis vraiment heureuse de lire ce genre de commentaire. Il y a quelques mois, il y a eu une polémique, dans le journal "Le Monde", sur les auteurs jeunesse qui, selon l'article, parleraient trop de choses horribles, violentes, dures, etc. (voir :ici)
Et c'est ce qui se ressort de plusieurs discussions que j'ai pu avoir avec des enseignants, tant en France qu'en Allemagne. Tous me le disent : un livre "difficile" aide parfois plus à grandir qu'un livre "facile à lire". Il faut donner aux ados les clefs pour le comprendre, et ensuite, on est bien étonnés de voir combien ils sont capables de discuter de ce qu'ils ont lu, en s'impliquant.
Alors j'en profite pour remercier tous les profs, si souvent décriés, qui font cet énorme travail de "passeur" de livres, passeurs d'idées, auprès de leurs élèves. Ce sont eux qui forment les lecteurs de demain.
14:59 | Lien permanent | 2/L'écriture | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lecture, guerre, viol, enseignants
22.02.2008
Des dangers de la lecture pour les femmes
Je "remonte" ce post, parce qu'une fidèle lectrice de mon blog, Vera, vient de m'envoyer la traduction complète de cette gravure. Qu'elle en soit chaudement remerciée.
" La bonne d'enfants passionnée de lecture"
Image d'une scène de genre dessinée d'après nature".
Vous imaginez ! Dessinée "d'après nature". Cela signifie que cet événement n'est pas inventé, qu'il a vraiment eu lieu ! Et juste à ce moment-là, il y avait un dessinateur pour immortaliser la scène. Fabuleux, non ?
Cette gravure fait partie d'un petit livre qui m'a été offert à Kassel, lors de ma tournée allemande. Il rassemble un certain nombre de peintures et gravures autours du thème de "la lecture". Et cette gravure avait retenue mon attention, même si je n'avais la traduction de la légende. Maintenant, grace à Vera, c'est chose faite. Merci !

C’est fou de voir combien la lecture était (et est encore aujourd’hui pour certains) une chose éminemment subversive et dangereuse… Elle peut l’être, bien sûr ! Et c’est tant mieux. Même si « aucun incendie allumé dans un livre n’a mis le feu à une maison »… (Claude Simon).
08:48 | Lien permanent | 4/dernières lectures | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : lecture
13.12.2007
Le risque de lire
Il y a une dizaine de jours, une journaliste du Monde écrit un article intitulé "Un âge vraiment pas tendre", avec en chapeau : "Mal être, suicide, maladie, viol... Pourquoi les livres destinés aux adolescents sont-ils si noirs ?"
Cet article met en cause notamment une collection, chez Actes Sud Junior "D'une seule voix". Une collection qui publie des choses fortes, dures parfois, toujours très bien écrites.
J'avais justement envie de vous parler, de temps en temps, de mes coups de coeur de lecture... Et le "Ramadan de la parole" de Jeanne Benameur en fait partie. Trois textes très courts, trois voix de filles qui se libèrent, s'insurgent et se rebellent. Magnifique !
Et voilà que cette collection est montrée du doigt, parce que "c'est noir"...
Et la vie, alors ? Est-elle toujours rose ?
Ce serait tout de même prendre les adolescents pour des crétins que de leur faire croire ça. Je sais que Noël n'est pas loin, mais il y a belle lurette que nos lecteurs et lectrices ne croient plus au père Noël !
Et puis, une fois encore, l'amalgame entre "noir", "désespéré", "désespérant"... Entre le réel et la fiction...
J'estime, contre vents et marée, qu'on peut écrire des romans "noirs" qui portent en eux l'espoir. Et je le dis bien fort ! Le pire serait de se taire.
Pour le reste, je vous conseille d'aller faire un tour sur le site de Blandine Longre. Son analyse est intéressante, vous y trouverez aussi des commentaires (dont le mien), l'article du Monde, et aussi le très beau "Droit de réponse"d'Actes Sud Junior.
http://blongre.hautetfort.com/archive/2007/12/11/litterat...
16:15 | Lien permanent | 3/ Au jour le jour | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lecture, benameur, littérature ado






































