07.01.2008

Le style

Autre question intéressante, qui vient elle aussi d’Allemagne.
Avez-vous voulu écrire ce livre dans un style spécial ?

Il y aurait beaucoup à dire sur la manière dont j'ai construit ce roman.
 Certains lycéens allemands sont « déroutés » par le style du roman. Mais des lecteurs français aussi !
On me dit souvent : « il y a beaucoup de flash-back, des rêves, des cauchemars, l’action se déroule dans plusieurs pays (la France, l’Algérie, le Brésil), à plusieurs époques différentes (en 1962, en 1969, etc.) ».
Et souvent, on finit par m'avouer : « Parfois, je me suis senti un peu perdu, je ne savais plus où j’étais… »

Et lorsqu’on me dit ça, je réponds : « Alors, j’ai réussi ! ».


Et là, je vois une certaine interrogation dans les yeux de mon auditoire.

Mais c’est vrai ! J’ai volontairement choisi d’écrire de cette manière, parfois décousue, en sautant d’un pays à l’autre, d’une époque à l’autre, et en mélangeant les rêves, les cauchemars, et la réalité.

Ce que je voulais, c’est entrer, par mon écriture, dans la tête d’Antoine. Qu’à un moment le lecteur se dise : « Je suis perdu, je ne sais plus où je suis ». Parce que c’est exactement ce que vit Antoine. Il ne sait jamais où il est, il est perdu. Quand il s’installe au Brésil, il ne pense qu’à la France. Quand il est en France, il revoit ce qu’il a vécu en Algérie. Et quand il pense s’installer quelque part, il comprend qu’il n'y sera pas à sa place…

Antoine est devenu un homme errant, qui ne sait plus où  sont ses racines.
 Donc, mon récit suit sa pensée.

Pour les lycéens allemands, c’est une difficulté supplémentaire de lecture. Parce que, pour que le lecteur se retrouve, je n’ai parfois donné que peu d’indications, quelques petites nuances qui peuvent échapper à ceux et celles qui apprennent encore le français.
Mais qu’ils ne se découragent pas !
À ce propos, je voulais d’ailleurs en profiter pour dire que, à chaque fois que je vais en Allemagne, je suis toujours étonnée du très haut niveau des élèves en français. Parfois (et que les Français ne se vexent pas !), leur réflexion va plus loin que celle des lycéens français… Eh oui… On réfléchit beaucoup (et bien) de l’autre côté du Rhin.

Je retourne en Allemagne le 19 janvier prochain, et je suis déjà impatiente.
Je vous raconterai bientôt le périple que je vais faire. Il est assez « costaud ». Là, j’ai encore dû réviser ma géographie de l’Allemagne ;-))
En attendant, je prépare mes valises pour aller en Picardie, à partir de mercredi, pour animer des ateliers d'écriture avec des enfants d'école primaire, et des adultes aussi... Je vais retrouver ainsi des gens, des villages, des bibliothèques que j'avais fréquentés en automne 2006 lors d'une résidence d'écrivain. Le blog qui la relate existe toujours, vous pouvez y aller faire un tour !
http://bocalu.hautetfort.com/