10.04.2009

Des mots d'ailleurs

De retour du Pays de Montbéliard... deux jours d'interventions en collèges et lycées  (à Seloncourt, Montbéliard, Béthoncourt, Valentigney) et deux jours de salon (à Voujeaucourt). De multiples rencontres, de belles énergies, des sourires et des rires. Des questions, des interrogations, des doutes, des incompréhensions.
Etre adolescent aujourd'hui n'est pas si simple, entre société, famille, et manque de perspectives.
Je constate, avec une certaine tristesse, que ce que nous croyions acquis il y a vingt ans ne l'est pas toujours. Le droit des femmes à décider de leur vie, de leur corps et de leur sexualité semble à nouveau poser problème...
Il ne faut pas donc pas lâcher la barre et tenir bon...
Il y a également une passivité chez certains lecteurs qui m'étonne. Si l'adolescent n'est pas l'acteur de sa propre vie, quand le sera-t-il ? Une fin ouverte les perturbe : « Mais, m'dame, on ne sait pas ce qui va se passer après... ».
Oser imaginer, oser penser par soi-même... Voilà peut-être de nouveaux défis en ce début de XXIe siècle !

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Une vue du Salon "les livres complices", à Voujeaucourt (Merci encore à Muriel pour son accueil).



Je ne détaillerai pas toutes les interventions. Je remercie l'ensemble des enseignants qui se sont investis, et tous les élèves qui ont joué le jeu, et bien participé.

Je voulais juste parler d'une rencontre,
peut-être parce qu'elle a touché, chez moi, un point sensible, et m'a profondément émue.
C'était dans le Lycée professionnel Albert Camus de Bethoncourt.
Un petit groupe de terminale pro, dans un CDI bien aménagé. Après un rapide échange de questions/réponses, les jeunes m'expliquent qu'ils ont préparé quelque chose à mon intention. Ils sont allés sur mon blog, ont essayé de repérer ce qui me tenait à coeur, ce qui faisait sens dans ma vie.
Ils se sont dit que, si j'étais traductrice, c'est que la langue, les langues, devaient compter pour moi.
Or dans cette classe, plusieurs élèves étaient issus d'une autre culture, d'un autre pays.
Alors, avant mon arrivée, ils ont repris « Rien que ta peau », qu'ils avaient tous lu en français, et en ont traduit un morceau dans leur langue maternelle.
Et, devant moi, ils se sont levés pour me lire un extrait de « Rien que ta  peau » en portugais d'Angola, arabe dialectal, allemand, serbo-croate, et turc.
Et chacun a écouté la langue de l'autre dans un très beau silence attentif.
C'était terriblement émouvant. J'ai bien failli me mettre à pleurer ! Je crois que je ne pourrais jamais plus relire ce passage en français sans entendre, dans ma tête, ces voix venues d'ailleurs :
« a primeira ves... eu gostei muito desa esprésão : a primeira ves... A primeira ves que eu ti vi... estas a ver, meu coração estava  a baterse. Nos nuca sabemos, a primeira ves, que é a primeira ves... »
Pour nous remettre de toutes ces émotions, Sébastien Praderes, le documentaliste, à l'origine de ce si beau cadeau, avait préparé des jus de fruits et des gâteaux pour tous les élèves.
Je pensais alors que la rencontre était terminée ! Mais non, après avoir bu et mangé, discuté, plaisanté, les élèves sont revenus d'eux-mêmes se rasseoir pour continuer la rencontre.
Il y a, comme ça, dans nos vies d'auteurs, des moments magiques qu'on aimerait prolonger un peu.


Un grand merci à vous toutes et tous. Je n'ai pas récupéré le texte en turc et en arabe dialectal... Vous pouvez me les envoyer par mail. Je le mettrai sur mon blog, avec les autres textes.
Les photos prises pendant la rencontre seront sont aussi les bienvenues. (en voilà une, merci à Sébastien Praderes pour ses envois)

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Première lecture, dans un silence attentif...