14.02.2008

Encore des ânes !

Vous êtes nombreux et nombreuses à me poser des questions sur les ânes.
Pourquoi l'âne est omniprésent dans cette histoire ? Pourquoi avoir choisi l'âne et pas un autre animal ? Est-ce un hasard ? Y a-t-il une raison personnelle ?
J'ai déjà beaucoup parlé des ânes !
Je suis vraiment fascinée par ces animaux. Des animaux qui s'éduquent et qui ne se dressent pas. Des animaux qui sont capables de « mentir » ou de simuler une maladie pour qu'on les laisse tranquille. Ils ont une mémoire incroyable. Ils sont à la fois prudents, lents, tenaces. Ils regardent devant eux.
Et pourtant, ces animaux si sages ont longtemps été un symbole de bêtise ! J'ai envie de les défendre. Comme j'ai envie de défendre tous ceux et celles qui sont victimes d'injustice ou d'incompréhension.


 Je me sens proche des ânes sur bien des aspects
: je n'aime pas trop regarder en arrière, je suis plutôt lente et assez têtue, moi aussi... et je ne trouve pas que ce soit un défaut ;-))

Alors, non, dans les murs bleus, ça n'aurait pas pu être un autre animal. Et au Brésil, il y avait beaucoup d'ânes.

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(photo E.B.C) 

Pourquoi pas les murs rouges ?

"Pourquoi avez vous appelé votre livre "les murs bleu" et non pas les murs rouge a cause du sang de la guerre?" me demandent Johnny et Tony
J'ai répondu à propos des murs bleus sur cette note-là. Mais je trouve votre réflexion pertinente.


"Pourquoi ne pas avoir parler plus du Brésil et de la vie d'Antoine?"
me demande Elodie

j'ai déjà beaucoup parlé de la vie d'Antoine, je crois, dans ce livre. Mais c'est vrai : j'aurai pu aussi parler plus du Brésil. Je le ferai peut-être un jour !

Le succès du livre, ce que j'ai voulu exprimer

Etes-vous surpris par le succès de votre livre?" (Axel)
Sincèrement, oui ! J'ai eu du mal à le faire publier, et je pensais que ce livre ne verrait jamais le jour. Or il a déjà reçu deux prix, il est sélectionné pour plusieurs prix cette année...

Ce qui se passe, c'est que je trouve un peu dommage
qu'il soit sélectionné pour le « prix des Incorruptibles » pour des classes de 3e et 2e.
Vous me l'avez dit dans vos mails : ce livre est « difficile à comprendre », « difficile à lire car il y a beaucoup de retours en arrières. » Même s'il y a un prof qui vous aide un peu à le « décrypter ».

Et derrière la question de Damien "avez-vous réussi à  exprimer ce que vous vouliez dire dans votre livre" ? J'ai l'impression qu'il y a une autre question sur la complexité du livre, et la difficulté de comprendre "ce que j'ai voulu dire".

Pour ma part, oui, je crois avoir réussi à exprimer tout ce que je voulais dire. Je ne donne pas à publier des livres qui ne correspondent pas exactement à ce que je veux... C'est la raison pour laquelle il y a beaucoup de manuscrits au fond de mes tiroirs... Et dans mes poubelles ;-) 

Quant à la compréhension du texte,  « Les murs bleus », je le répète, est assez difficile à lire : il est bâti d'une manière complexe parce que c'est une histoire complexe. La structure du récit suit la structure mentale d'Antoine : c'est-à-dire la structure mentale de quelqu'un qui est perdu, qui ne sait jamais où il est.

Ce roman demande une bonne maîtrise de l'outil « lecture » et je comprends que certains élèves de 3e éprouvent des difficultés à suivre.
Mais il faut bien dire que je l'ai plutôt écrit pour de jeunes adultes, qui sont plus à l'aise dans la lecture et la littérature « générale ».
En Allemagne, par exemple, ce sont des lycéens de 17 à 19 ans qui le lisent.

Pourquoi le viol ?

"Pourquoi le viol est -il si présents dans votre livre? Le thème principal est la désobeissance civile et militaire, alors pourquoi autant insister sur le viol ? me demandent Marine et Flavie.

C'est vrai, un des thèmes de mon livre est la désobéissance civile et militaire. Mais il y a d'autres thèmes que j'ai voulu développer dans « les murs bleus ».

J'aime la paix et je déteste la guerre, profondément, viscéralement. Les guerres ne tuent pas que des militaires, elles brisent aussi des vies de civils, des femmes et des enfants. Et dans tous les pays en guerre, aujourd'hui comme hier, malheureusement, les femmes sont les premières victimes, et on en parle très peu.

Personne n'a le droit de disposer du corps de l'autre sans son consentement.
Et peut-être que lorsque l'armée envoie des soldats tuer (ou se faire tuer), elle « dispose » aussi du corps de ses soldats...  comme certains violeurs « disposent » du corps de leurs victimes (il y a aussi des hommes qui se font violer, il ne faut pas l'oublier).
Et puis, malheureusement, certaines femmes sont aussi victimes de violences en tant de paix. J'avais aussi envie de dénoncer cela.

J'en ai aussi parlé sur ce post-là: http://www.ytak.fr/archive/2007/12/14/avez-vous-vecu-ce-q...

Ce que sait Loirinho, Loirinho et Antoine

"Votre livre est un peu difficile à comprendre au debut ,mais une fois que l'on comprend l'histoire, ce livre est passionant! Mais la seul question que l'on se pose c'est: pourquoi Loirinho connait tant de chose sur sa mère a son âge ?"(Marion et Anaïs)
Alors ça, c'est un mystère ! Je pense que certaines choses se transmettent sans qu'on sache bien pourquoi, entre les mères et leurs enfants, par exemple, et d'une manière inconsciente. La psychanalyse étudie beaucoup ce phénomène, mais on ne sait pas encore très l'expliquer... Donc, c'est un mystère. Loirinho sait des choses que personnes ne lui a dit... Comme si ces choses-là étaient déjà dans son cerveau, à sa naissance.


En général, c'est l'adulte qui "enseigne" à l'enfant, alors pourquoi ,ici, c'est Loirinho qui conduit Antoine vers la lumière et pas le contraire ?" me demandent Julia et Céline.

C'est vrai, en général, c'est l'adulte qui « enseigne » et l'enfant qui « apprend ». Dans les murs bleus, les rôles sont inversés, au moins pendant un temps.
Je crois qu'Antoine a perdu quelque chose que l'enfant a encore : l'innocence, l'insouciance, la légèreté, le goût de rire, de s'amuser.
Tout le monde peut apporter quelque chose à quelqu'un.
Et là, l'enfant apporte à Antoine de dont il a le plus besoin, à ce moment-là.

Mais à la fin du livre,
Loirinho dit qu'Antoine va lui apprendre à lire. Et là, on retrouve une relation plus classique, où c'est l'adulte qui enseigne.

D'autres livres sur la désobéissance civile et militaire ?

 Voilà mes réponses aux questions des élèves de Noirmoutiers.

"Bonjour, On voudrait savoir si "Les Murs bleus" est votre premier livre qui parle de la désobéissance civile et millitaire. Si non, quels étaient les thèmes des autres ouvrages?" (Rafael et Romain)


Je n'ai pas parlé ouvertement de désobéissance civile et militaire dans mes autres livres
.
Mais il y a des thèmes qui reviennent souvent dans mes romans.
Dans « Le cimetière d'Arhus » par exemple, qui est un livre plutôt pour adultes, je parle d'une jeune femme qui, ayant aimé un homme recherché par la police, est forcée de quitter son pays pour se cacher au Danemark.
Dans « L'ombre d'Adrien », je parle d'un jeune homme, Jérémie, qui tente de reconstruire sa vie après le suicide de son copain.
Comme dans « Les murs bleus », ce sont des personnages qui ont une vie tranquille qui, brusquement, va basculer. Comment vont-ils faire pour s'en sortir ? Pour retrouver un peu de bonheur ?
C'est un sujet qui m'intéresse beaucoup, et qui peut prendre des formes différentes.

 

05.02.2008

Adrien, Sandra, Julie, Thibaut, Paul et les autres...

J'ai reçu ce midi une dizaine de questions...

Adrien, Sandra, Julie, Thibaut, Paul et les autres.... D'où venez-vous ? De quel collège ou lycée ? De quelle ville ? Est-ce que je vais venir vous voir ?

Vos questions sont très pertinentes, je vais y répondre.  Mais ma connexion à internet risque d'être difficile pendant une semaine parce que je suis dans mon village de montagne, et que je n'ai pas l'ADSL.

Alors, pour vous faire patienter, et avant de vous répondre plus précisémment, voilà quelques pistes...

A propos des ânes, je vous invite à consulter cette note-là ; 
http://www.ytak.fr/archive/2007/11/18/aimez-vous-les-anes...

http://www.ytak.fr/archive/2007/11/24/les-bonnet-d-anes.html

Et à propos du choix du bleu pour  les murs bleus :  
http://www.ytak.fr/archive/2007/12/14/pourquoi-le-bleu.ht...

 Ensuite, certaines questions trouvent une partie de leur réponse dans ce post-ci. 
http://www.ytak.fr/archive/2007/12/14/avez-vous-vecu-ce-q...

Sur les différents thèmes abordés dans mes livres, vous pouvez consulter mon site internet, à cette adresse-là.


Je vais préparer les réponses aux autres questions,
mais vous ne les verrez en ligne probablement que dans une semaine. Merci de patienter ! Et merci encore pour votre intérêt, votre lecture.
Et ne m'en voulez pas trop de mon silence passager... Si je me "déconnecte" cette semaine, c'est que j'ai aussi besoin d'un peu de calme et de solitude... pour écrire mes prochains romans.

A bientôt, donc ! 

 

29.01.2008

La cécité de Loirinho

On m'interroge parfois, comme Maïlys, sur la maladie de Loirinho.  "Est-ce pour montrer la pauvreté et l'hygiène de vie, au Brésil ?" me demande-t-elle ?

Il faut bien insister là-dessus : le Brésil (j'ai ai parlé dans ce post) est un pays immense. Avec des régions très riches, d'autres très pauvres. Des régions bien développées, et d'autres sous-développées. Donc, on ne peut  jamais parler "DU" Brésil. On devrait plutôt parler "DES" Brésil, ou alors bien préciser la région dont on parle.

Donc, dans la région semi désertique dans laquelle je vivais, effectivement, les problèmes de santés liés à l'hygiène étaient très importants. L'affection qui touche les yeux (souvent ceux des enfants) était courante. Et c'était un vrai problème, parce que cette région était trop pauvre pour en venir à bout.

Mais dans le roman "les murs bleus", il y a une relation entre l'enfant qui perd la vue, et Antoine qui est peu "aveugle" à sa manière.
Et lorsque l'enfant retrouve la vue, suite à son opération, on peut aussi dire qu'Antoine retrouve la vue, parce qu'il sait, enfin, ce qu'il va faire de sa vie...