28.09.2011
Les bidons sans frontières s'exposent à Paris !

Du 27 septembre au 29 octobre 2011
Exposition de Bidons Sans Frontières
à la galerie Images de Fer, 13, rue de Seine, Paris VI
Vernissage le jeudi 29 septembre 18h - 21h
Renseignements : + 33 (0) 1 44 07 04 16
M° Mabillon, Odéon, St-Germain-des-Prés Parking 27, rue Mazarine
Et pour en savoir plus : http://www.bidonssansfrontieres.com/Accueil.html
Voir aussi cette note sur mon blog : http://www.ytak.fr/archive/2010/01/28/bidons-sans-frontieres.html
02.09.2011
Quelques questions à Khaled Osman

Le caire (photo K.Osman)
J'ai eu envie de poser quelques questions à Khaled Osman à propos de son roman "Le Caire à corps perdu" (dont j'ai déjà parlé ici), et il a accepté d'y répondre avec beaucoup de gentillesse.
— Khaled, quel a été le ou les éléments déclencheurs dans l'écriture de ce roman ?
C’est un roman que je rêvais d’écrire depuis longtemps, mais j’ai mis des années à concrétiser ce rêve. D’abord, j’étais persuadé de n’avoir aucune imagination. Ensuite, à force d’être confronté à de grands textes dans mon activité de traducteur littéraire, écrire à mon tour m’aurait semblé prétentieux. Enfin, même quand l’idée me traversait l’esprit, je me disais que je n’aurais pas droit à l’erreur (ceux qui se lancent à vingt ans peuvent toujours tenter des choses différentes, recommencer jusqu’à trouver le style qui leur convient), et cela me dissuadait encore plus. D’un autre côté, j’étais sûr que si je ne me décidais pas à franchir le pas, je garderais toujours un petit regret au fond de moi. Je me suis donc forcé à rédiger quelques pages, à partir d’une trame assez sommaire. Ensuite, l’histoire et les personnages se sont mis en place progressivement, et l’écriture est venue bien plus naturellement que je ne le craignais.
— Tu te retrouves dans la position d'un traducteur qui devient écrivain. Qu'est-ce que tu as découvert, pendant l'écriture de ce roman, qui t'a surpris le plus (au niveau de l'écriture, notamment)?
A vrai dire, j’ai découvert plus de ressemblances que de différences entre ces deux activités: l’écrivain, comme le traducteur, est amené à rechercher le style le plus adapté pour traduire en mots des idées, des impressions, des images. Que celles-ci soient celles d’un autre ou les tiennes, au fond, ça ne change rien – ou presque. La principale nouveauté, pour moi, c’est qu’en traduisant, on a rarement à se poser la question de la construction – l’auteur du texte original l’a déjà réglée. Quand on écrit, au contraire, tout est à faire, depuis la construction générale du roman jusqu’à l’articulation des histoires individuelles qui composent le récit. Ces histoires vécues ou imaginées que tu as en tête – je pense par exemple à l’épisode de la chute de l’enfant ou celui de la collision de train – semblent te lancer un défi : « Alors, vas-tu trouver la meilleure façon de me raconter ? » (rires)
— Entre l'écriture de ce roman et sa publication, l'Egypte a fait sa révolution. Est-ce que tu écrirais ce roman, aujourd'hui, de la même façon que tu l'as écrit hier?
Bien sûr, cette révolution est un événement très important, et après avoir vu ces gens sortir de chez eux au péril de leur vie pour défier son dictateur, puis le contraindre à partir, on sait que rien ne sera jamais plus comme avant. Mais je n’ai pas voulu fixer un moment particulier de l’Histoire. Bien sûr, mon personnage, en retournant au Caire après une longue absence, retrouve des souvenirs d’enfance, évalue les changements survenus depuis qu’il est parti, discute avec les jeunes qu’il rencontre, de sorte que beaucoup d’éléments sur lesquels la Révolution a mis le projecteur – la lucidité de la jeunesse, le bouillonnement de la capitale autour de ce cœur battant qu’est la place Tahrir, la paranoïa d’un régime entouré d’appareils de sécurité féroces – figurent dans le roman, mais presque par hasard, parce qu’ils m’ont toujours intéressé, indépendamment des soubresauts de l’actualité. En fait, je voulais montrer, d’une manière romanesque, les liens sensuels, charnels, poétiques, qui unissent le personnage à cette ville et à ses habitants. Donc oui, je pense que je l’écrirais aujourd’hui de la même façon.
— As-tu eu des difficultés à te faire éditer?
Oui et non. Oui parce que je m’étais initialement polarisé sur les grandes maisons d’édition -- après avoir attendu si longtemps, il me fallait, l’un des plus grands éditeurs de la place, sinon le plus grand (rires) ! Certains ont sincèrement aimé mon roman mais m’ont avoué ne pas l’imaginer dans leur catalogue ; d’autres ont justifié leur refus avec des arguments embarrassés, comme s’ils s’étaient donnés du mal à trouver une raison de ne pas le publier. Je pense qu’avec son côté inclassable – une sorte de littérature étrangère écrite en français ? –, il n’entrait pas facilement dans leurs grilles d’appréciation. Non parce que, parallèlement à ces tentatives, j’ai découvert par hasard un petit éditeur, « Vents d’ailleurs », dont le projet est de « construire des passerelles vers des imaginaires venus d’ailleurs et proposer des livres pour enrichir les êtres humains dans leur recherche d’humanité ». Je leur ai aussitôt envoyé mon roman, et ils m’ont donné leur accord très vite, ce dont je n’ai qu’à me féliciter : j’ai ainsi découvert des gens ouverts, chaleureux et qui ont le goût du travail bien fait.
Merci Khaled !
"Le Caire à corps perdu", roman, éditions Vents d'Ailleurs.
Sortie 22 septembre 2011
On peut également retrouver Khaled Osman sur son site web : http://khaledosman.fr/
06:10 | Lien permanent | 4/dernières lectures, Quelques question à... | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : khaled osman, le caire à corps perdu, interview, ytak
01.09.2011
Quelques questions à... (nouvelle rubrique)
Avec la rentrée, une nouvelle rubrique va faire son apparition sur ce blog.
J'en avais envie depuis longtemps, et la sortie du livre de Khaled Osman "Le Caire à corps perdu" m'a donné l'occasion de concrétiser cette envie.
Ceux qui me connaissent depuis longtemps savent que j'ai travaillé dans des radios libres pendant des années (radio Libertaire et Radio País), et que j'ai aussi fait pas mal de journalisme écrit.
Que ce soit en radio ou par écrit, j'ai souvent interwiewé des artistes, écrivains, chanteurs, musiciens, peintre, danseurs, etc. C'était un aspect de mon travail qui m'intéressait beaucoup et que j'ai dû délaisser, faute de temps.
Du coup, il m'est venu une idée : pourquoi ne pas poser, de temps en temps, juste quelques petites questions à quelqu'un dont j'aime et admire le travail ? Et les publier sur ce blog.
Donc, voilà... Demain, vous aurez la première interview minute de ce blog... Ce sera : Quelques questions à... Khaled Osman, à propos de son roman "Le Caire à corps perdu".
Le Caire à corps perdu, roman de Khaled Osman
J'ai parfois la chance d'assister à la naissance d'un roman... Et c'est le cas avec "Le Caire à corps perdu", de Khaled Osman, qui va paraître aux éditions "Vents d'ailleurs".
J'ai donc vu comment ce roman s'affinait, s'affirmait, se modelait, se peaufinait, se ciselait... Et c'est, au final, un vrai coup de coeur.

De quoi parle ce roman, en quelques mots ? On peut dire qu'il s'agit d'un Égyptien qui retourne au Caire après des années d'absence mais qui, à peine arrivé, perd la mémoire. Mais pas toute la mémoire. Si son identité semble s'être effacée, il reste dans son cerveau une mémoire intacte : celle de l'écrit, poèmes et récits arabes qui ont bercé sa vie.
Et cet homme (presque) sans mémoire va trouver refuge dans une pension comme on les aime : pleine de vie, truculente, avec des personnages aussi attachants que haut en couleurs. Tous vont l'aider, à leur manière, pour qu'il retrouve la mémoire. Mais quelle mémoire, et pour quoi en faire ?
Evidemment, c'est un résumé trop... résumé !
C'est un très beau roman, tonique, savoureux, souvent très drôle. Il peut se lire comme une longue et vivifiante promenade à travers le Caire, ou comme un polar, ou comme un instantané de vie, ou comme une réflexion sur la mémoire et l'identité. C'est un peu tout ça qui fait sa richesse, le tout servi par une belle écriture.
Je crois qu'il me touche aussi parce qu'il aborde, au fond, des sujets qui me tiennent à coeur : qu'est-ce qu'une identité ? A quel pays appartient-on ? Peut-on choisir sa terre d'accueil ? A quoi sert la mémoire ?
Et j'aime ce livre parce qu'il est baigné d'humour, de bonne humeur et de tendresse. En un mot, il est plein de chaleur et d'humanité (ce qui nous fait souvent défaut, en France, au moins dans la littérature).
Khaled Osman, l'auteur, est égyptien, il a grandi en France. Il est traducteur de très grands auteurs égyptiens, comme Naguib Mahfouz et Gamal Ghitany, et maintes fois récompensé pour la qualité de ses traductions."Le Caire à corps perdu" est son premier roman.
"Le Caire à corps perdu", roman, éditions Vents d'Ailleurs.
Sortie 22 septembre 2011
"Quelques questions à Khaled Osman", c'est par ici : http://www.ytak.fr/archive/2011/09/01/quelques-questions-...
On peut également retrouver Khaled Osman sur son site web : http://khaledosman.fr/
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