26.04.2009

Rencontres passées

Petit retour sur... les rencontres passées.

Je ne parle pas de toutes les rencontre que je fais. Il y en a trop, et même si je le voulais, cela me demanderait trop de temps.
Je sais aussi que les élèves tournent vite la page, même s'ils se sont beaucoup investis dans lesdites rencontres, et c'est très bien. Le temps passe, la roue tourne, il y a des rencontres dont je garde le souvenir, et dont je n'ai pas parlé. C'est comme ça.
Alors quand une prof m'envoie un mail pour se plaindre,
plus d'un an après une rencontre, de ne rien trouver la concernant sur mon blog, ça me ferait plutôt sourire.
Si cela venait d'un élève,
je le comprendrais, et je crois même que je ferais l'effort de réparer ce qu'il considère comme une injustice. Mais ça ne m'est jamais arrivé.
Et mon blog n'est pas une remise de bons points.
Il faut donc croire que certains profs souffrent d'un tel manque de reconnaissance qu'ils en sont restés là : aux bons points, avec le désir qu'on note de 1 à 10 la qualité de leur prestation.
Ce sont les mêmes qui se mettent au centre de la scène, éclipsant d'un seul coup leurs élèves mais se servant d'eux comme d'un bouclier (sous-entendu : vous n'avez pas parlé de moi, mes élèves sont déçus). Ces profs-là tiennent surtout à me montrer qu'ils sont de bons enseignants (ce dont je ne doute pas), et que leur classe est forcément la meilleure (bien sûr), et tout ça uniquement grâce à leur travail d'enseignement (là, euh...).

Ensuite, il y a tous ces enseignants qui apportent à leurs élèves une vraie générosité, qui s'investissent beaucoup, et qui sont déçus parce que leurs élèves s'en moquent un peu. Ce sont des rencontres qu'ils vivent mal... parce que leurs élèves, eux, ne les vivent pas du tout : ils posent leurs questions sans s'intéresser aux réponses, et partent dès que la cloche sonne sans même dire au revoir, laissant leur prof pour le moins dépité. Je comprends alors leur déception. C'est sans doute aussi un des caractères ingrats du métier de prof : ceux qui donnent beaucoup ne sont pas toujours payés en retour.

MFR.jpg
Encore une rencontre dont je n'ai pas parlé... C'était dans une maison familiale rurale, à St Barthélemy d'Anjou. Une fin de rencontre, plutôt, avec Pascale Maret (et Jean-Marie Defossez, absent sur la photo). De beaux souvenirs aussi ! Nos livres étaient sélectionnés dans le cadre du prix des MFR. (bravo à Jean-Marie de l'avoir remporté !)

Et c'est vrai, je privilégie, comme le dit très justement Jean dans un de ses commentaires, « ces instants rares et magiques », où l'attention des uns est celle des autres. Où « il se passe quelque chose ». Un vrai moment de partage. Moments précieux, rares, qui font battre le coeur plus vite.
Ce sont ces moments-là que je raconte parfois (mais pas toujours) sur ce blog, parce que ces moments sont trop doux, trop bons pour être gardé pour soi. Ils appellent à leur tour à être partagé avec d'autres.

Se regarder le nombril ne donne pas une vision très large de l'existence. Le partage, en revanche, appelle plus au partage...
Merci donc encore, à tous ces enseignants, bibliothécaires, personnels divers et variés, qui font un travail remarquable avec et pour leurs élèves, et non pour eux-mêmes.

lecture.jpg
Moment magique, au lycée Albert Camus de Béthoncourt. Photo Sébastien Praderes (merci de me les avoir envoyées !)

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://www.ytak.fr/trackback/2164184

Commentaires

Les enfants n'oublient pas ces rencontres Cathy...si je prononce le nom "Cathy Ytak" dans ma bibliothèque, j'en connais quelques uns qui se mettraient à raconter leurs souvenirs...et les grands avec... Non ce sont des rencontres qui restent parce qu'elles ont quelque chose de particulier. Elles peuvent même être LA rencontre avec les livres, parce qu'elle est sans contrainte...c'est juste le plaisir de lire...

Écrit par : BelleSahi | 30.04.2009

Répondre à ce commentaire

Merci pour ton commentaire qui me fait chaud au coeur !
En milieu scolaire, la plupart des ados oublient très vite.
Mais, parfois, pour un lecteur, une lectrice, cela marque une ouverture sur la lecture, et le plaisir qu'on peut en tirer... C'est d'ailleurs pour ces rares élèves-là que je continue à faire des rencontres en milieu scolaire.
En bibliothèque, c'est différent, parce que ceux et celles qui y viennent n'y sont pas obligés.
Et moi non plus, je n'ai pas oublié ces moments précieux passés à Naours ;-)

Écrit par : Cathy | 04.05.2009

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.