31.07.2008
Les adolescents troglodytes
Dernière lecture :
« Les adolescents troglodytes » d'Emmanuelle Pagano.
Ce roman n'est pas arrivé par hasard dans ma bibliothèque. Il m'a été recommandé par une autre femme écrivain (merci Jeanne !).
Les recommandations des gens que j'aime me sont précieuses. Parfois elles me parlent d'eux, parfois de moi parce qu'eux me connaissent bien. Le jeu peut être dangereux : on a tous été, un jour ou l'autre, déçus : déçu par un livre encensé par un(e) ami(e), déçu aussi que l'ami(e) en question se soit à ce point trompé(e) sur nos goûts supposés.
Alors je laisse mon instinct me guider. Parfois, je « hume » le livre en question, je lis la quatrième de couverture, observe le papier, la mise en page, lis quelques lignes... et le repose en me disant que ça n'est pas pour moi, ou que ça n'est pas le moment.
Mais si je le « sens », si je le « sens » bien, je me laisse emporter.
Il m'arrive de penser que ce sont les livres qui nous choisissent, et non l'inverse.
Et c'est comme ça que « Les adolescents troglodytes » se sont retrouvés entre mes mains.
Déjà, le titre est beau. J'avais pourtant gardé en mémoire « Les amants troglodytes ». Curieux. (J'ai compris pourquoi, je crois : à cause de « Rien que ta peau », le texte que j'ai écrit et qui va sortir en octobre. Entre un habitat troglodyte et un lac gelé, il doit y avoir quelque correspondance. Après tout, s'il y avait eu des habitats troglodytes dans mon coin de montagne, j'aurai peut-être troqué le lac gelé pour les grottes en y envoyant mes adolescents amoureux !).
Ce que j'ai aimé le plus dans « Les adolescents troglodytes » ? La neige, peut-être. L'odeur de la neige, la saveur de la neige. Ces paysages noyés dans le brouillard, ce mauvais temps qui me fait battre le coeur plus fort que le beau temps insolent qui ravit surtout les gens en vacances, parce que c'est plus photogénique.
Mais la photo que je préfère, pour ma part, est peut-être celle des vitres gelées, dans ces journées d'hiver qui appellent le crépuscule à trois heures de l'après-midi.
Il y a donc la neige.

Il y a aussi le côté abrupt du paysage (dommage : le mot « abrupté » n'existe pas en français). Cette montagne qui ne ressemble pas du tout à la mienne. Et même si la vallée de Mouthe est l'une des plus froides de France (quoique, à lire « Les adolescents troglodytes », je finis par douter...), mon haut-Doubs a souvent, lui, des courbes douces comme du coton, des sensualités de hanches de femme un peu forte.
Il y a aussi le lac, que j'imagine tout rond pour compenser avec celui qui s'offre à ma vue (tout long).
Mais il n'y a pas que le paysage « extérieur ». Il y a d'autres paysages dans ce livre, intérieurs, cette fois, qui m'interrogent, me laissent troublée, émue, tangente. Les enfants et les adolescents d'abord, si bien décrits en si peu de mots, et puis Adèle. Celle qui conduit ce petit monde dans sa navette scolaire. Vers où ? Vers quoi ?
La vie d'Adèle dans ce jeu du double « je », de la femme qui émerge de l'homme, me fascine. Mais pourquoi revient-elle chez elle alors qu'avant c'était chez lui (lui qui, semble-t-il, n'a pas de prénom dans le livre)?
Il n'est donc pas tant question de « trans »sexualité, dans ce livre, que de re-naissance, et de réappropriation de son histoire et de son corps qui a, un temps, été « empêché ».
J'ai aimé le mystère de cette existence que l'opacité de l'hiver réduit, recroqueville, jusqu'à la fin, quand la parole se libère enfin, alors qu'Adèle et les ados sont pris dans la tempête, au risque de... au risque que.
Et avec la parole vient l'écriture du roman. Une écriture qui n'attire pas le chaland comme un bonbon de couleur vive aux pieds des caisses des supermarchés. Une écriture à la mesure du monde qu'elle décrit : concise, abrupte, languide parfois, curieusement simple et soudain compliquée, complexe, résonnante et vibrante comme la vie, puis assourdie, comme la vie aussi, comme un soir de brouillard givrant un peu triste, puis de nouveau rougeoyante et pétillantes comme les braises.
Est-ce que j'ai parlé des « Adolescents troglodytes » ? Je n'en sais rien.
J'ai oublié les vaches, les hommes-oiseaux, ce frère perdu et peut-être retrouvé, et puis pleins d'autres choses qui m'ont émue, touchée.
J'ai oublié plein de choses mais ça ne fait rien.
En fait, les livres qui me donnent intimement envie de parler d'eux sont si rares que j'éprouve toujours de la gratitude à l'égard de ceux ou de celles qui les ont écrits. Tout simplement.
« Les adolescents troglodytes ». Emmanuelle Pagano. Editions POL.

21:14 | Lien permanent | 4/dernières lectures | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : pagano, troglodytes, adolescents
Nouvelles catégories
Je modifie donc peu à peu ce blog, passant des "Murs bleus" à un blog plus général, sur mon métier d'écrivaine et de traductrice, mais aussi mes coups de coeur, mes coups de gueules, mes rencontres, mes photos, etc.
J'ai réaménagé les "catégories" ou rubriques, pour donner une nouvelle cohérence à l'ensemble.
Les catégories "Mes romans", "L'écriture" "Au jour le jour" "Rencontres et voyages" parlent d'elles-mêmes.
Dans "Instantanés" vous retrouverez des petits billets d'humeur, des photos.
Dans "Dernières lectures", vous ne trouverez pas vraiment ce qu'on appelle des "critiques littéraires". Certain(e)s le font déjà sur la toile, et avec beaucoup de talent et d'érudition (je vous incite d'ailleurs à aller faire un tour sur le blog de Blandine Longre).
Ce sera une autre approche, peut-être plus affective, et qui n'engage que moi, sur la façon dont j'ai perçu un livre, et ce qui m'a émue (ou non) chez lui.
J'en ai donc profité pour faire un peu de rangement et de ménage ! J'espère que vous vous y retrouverez. N'oubliez pas que dans "Archives/toutes les archives" vous pouvez trouvez une liste de mots-clé qui vous permettent de retrouver plus facilement un article.
A très vite ! Et merci de votre fidélité. C'est ce qui m'a décidé à continuer ce blog.
PS; petit ajout du 2 août. Je viens de m'apercevoir que j'ai oublié de créer la catégorie "Traduction"... L'oubli sera vite réparé !
09:45 | Lien permanent | 3/ Au jour le jour | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dernières lectures, catégories, romans, écriture, instantanés
07.07.2008
Nouveau blog, on change tout (ou presque !)
"Une année avec les murs bleus" (le titre initial de ce blog), a fermé ses portes.
Une année, c'est une année. Riche en expérience, riche en rencontre, en France et en Allemagne.
J'ai beaucoup parlé de mon roman "Les murs bleus". Ce blog, pendant une année, s'est fait l'écho de ces rencontres, de ce travail autour d'un livre bien précis.
Aujourd'hui, juillet 2008, je tourne la page. Ce blog prend donc le nom de "Cathy Ytak, le blog".
Cette fois, il ne parlera plus des murs bleus (ou alors plus beaucoup...) mais de mes autres romans, de mon travail d'écriture, de mes coups de coeur, de mes lectures, etc.
Pour fêter l'événement : nouveau titre, nouvelles photos, nouvelle banière ! Et bientôt d'autres modifications.
J'espère que vous serez au rendez-vous de ces nouvelles pages, et vous souhaite une bonne navigation.
Vous pouvez aussi me retrouver sur mon site pro à l'adresse suivante : http://cathy-ytak.net
Et si vous avez envie, un petit tour sur ma page myspace : http://www.myspace.com/cytak
10:04 | Lien permanent | Pourquoi ce blog ? | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nouveau blog
05.07.2008
Une photo et un livre
Où cette photo a-t-elle été prise ?
Un petit indice : cet endroit est très lié à un de mes romans...

17:43 | Lien permanent | 3/ Au jour le jour | Commentaires (2) | Envoyer cette note






































