31.03.2008

Parler d'homosexualité

"Bonjour, nous aimerions savoir pourquoi avez vous créé des liens hypertextes menant à des sites défendant l'homosexualité ?"

Et pourquoi pas ? Tout d'abord, je n'ai pas renvoyé à des sites « défendant » l'homosexualité, parce que l'homosexualité n'a pas à être défendue, elle a à être respectée. Et là, il y a une nuance de taille.

J'ai parlé d'homosexualité dans un de mes romans « Rendez-vous sur le lac » (qui ressort ce mois-ci).

Il se trouve qu'un site consacré à la littérature jeunesse et à l'altersexualité a parlé de mes livres
, avec des critiques assez fournies de « Rendez-vous sur le lac », mais aussi des « murs bleus » et de « L'ombre d'Adrien ». J'y ai aussi été interviewée assez longuement.
Il était donc tout à fait naturel de renvoyer les lecteurs de mon blog vers ce site. Je vous donne ici le lien qui mène directement à l'interview,
ainsi que le lien qui mène directement à la critique du roman "Les murs bleus". 

30.03.2008

Une suite pour les "Murs bleus" ?

"Y aura-t-il une suite du roman les murs bleu?" me demandent Victor et Tex

Lorsque j'écris un roman, une fois que j'ai raconté l'histoire que je voulais raconter, je laisse mes personnages libre de continuer à vivre (ou pas) dans la tête des lecteurs et des lectrices...

La suite des «Murs bleus », c'est donc à vous de l'imaginer.  Pour ma part, je ne l'écrirai pas.

Je me réserve cependant le droit de « réutiliser » mes personnages, au gré de mes envies.
Il se peut qu'un jour on retrouve Antoine, ou Loirinho, par exemple, dans un autre roman. Mais ça ne sera pas une « suite ». Simplement un petit clin d'oeil pour le lecteur ou la lectrice qui s'en apercevra.

D'ailleurs, à ce propos... Je suis en train de terminer l'écriture d'un texte qui va être publié chez Actes-Sud.
J'ai repris les paysages et la fin de mon roman "Rendez-vous sur le lac". Mais j'ai changé l'âge et la personnalité des protagonistes pour raconter une autre histoire, nettement moins rose, nettement moins "jolie". Ce livre ne s'adresse d'ailleurs plus à des enfants, mais à des ados/jeunes adultes, et ça n'est évidemment pas une "suite"... J'en reparlerai ! 

27.03.2008

Une brassée de questions

Je reçois aujourd'hui une brassée de questions, toutes très intéressantes.

Certaines ont déjà leur réponse :
-"Pourquoi le titre "Les murs bleus" alors que je parle plus de la guerre d'Algérie et du Brésil ?  Une réponse a déjà été donnée ici

Je rajoute quelques mots...
Oui, j'aurais pu choisir un titre qui parle de la Guerre d'Algérie, ou du Brésil.
Mais "Les murs bleus" parle
de la guerre d'Algérie ET du Brésil. Il parle de choses violentes et douloureuses (les viols) mais il parle AUSSI d'amour (la maison de Jérusa qu'Antoine veut repeindre en bleu), et de guérison (les murs de l'hôpital).

-"Avez-vous vécu ce que vous racontez (à  propos du viol)", j'ai répondu là.

-A propos de Lorca, j'en parle plus longuement dans ce nouveau post.

Je suis actuellement en déplacement. Je répondrai aux autres questions très vite.

Merci pour votre intérêt. Et bon week-end en attendant !

26.03.2008

Retour sur la remise du prix des lycéens allemands

"Bon, alors, tu nous racontes comment ça s’est passé, la remise du prix des lycéens allemands ?"

Je sais, je suis rentrée d’Allemagne depuis quelques jours déjà…

Mais voilà, c’est pour moi un peu difficile d’en parler. C’est un tel mélange d’émotion, de bonheur, d’étonnement, de satisfaction, d’un tourbillon d’idées, de pensées, de choses décousues et bizarres !

Le suspense a été gardé jusqu’à la dernière minute, lors de la cérémonie. Lorsque j’ai vu mon nom s’inscrire en lettres géantes sur l’écran, ma première pensée a été pour mes deux collègues qui étaient à mes côtés, sélectionnées elles aussi : Marie-Florence Ehret et Anne Vantal. J’ai pensé « Zut, elles vont être déçues de ne pas l’avoir… ».
Et puis après, je me suis dit : Alors voilà… C’est moi qui l’ai.
C’est très étrange. On le voit sur les photos : je ne réalise pas très bien et je suis très émue.
Ce prix, je pense que ce n’est pas moi qui le reçois, ce sont « Les murs bleus ». En quelque sorte, je suis juste venue représenter mon roman.

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Sur scène, les lycéens membres du jury (en tout, ils étaient seize).
Ils ont d’abord défendu le titre pour lequel ils étaient mandatés.
Ensuite, ils ont dû se décider pour qu’un livre (sur les cinq sélectionnés) obtienne 75 % des voix…
Ils ont dû voter plusieurs fois de suite, et argumenter ferme !
Cette photo a été prise au moment où le prix est annoncé (juste avant que je monte sur scène).
(photo © Dr H Whittmann, Ernst Klett Verlag, 2008).
 

Je suis heureuse de voir que les lycéens allemands ont choisi un livre qui pose des questions graves, sur le droit -ou non-, d’aimer -ou de ne pas aimer- son pays, un livre qui parle de la violence qu’on fait aux femmes,  qui parle de désobéissance, de pacifisme et d’antimilitarisme,  qui parle du tiers-monde. Un livre pas forcément simple à lire et qui aborde sujets qui dérangent, comme le thème de la guerre d'Algérie et de l'insoumission.

Je les remercie donc, du fond du coeur. J'ai déjà parlé,  dans plusieurs post, du bonheur de ces rencontres.

Et en même temps que j’étais assaillie par tous ces sentiments
, j’avais en moi, déjà, une petite pointe de nostalgie pour ces tournées en Allemagne. Cette cérémonie refermait la page, en quelque sorte. Et j’ai vu tellement de visages, tellement de sourires, j’ai rencontré tellement de gens intéressants durant ces tournées, que je ne pouvais m’empêcher de penser : maintenant, c’est fini...

PS.
Pendant tout ce temps, entre les tournées, j’ai continué à écrire. Un gros roman, et un court roman pour des ados. Le second est fini, le premier en perpétuel recommencement (au moins tant que je ne serai pas satisfaite du résultat).
Si je vous en parle, c’est que je viens d’apprendre que le court roman pour ados vient d'être accepté par les Editions Actes Sud Junior, et sortira en octobre prochain, dans une collection que j'aime beaucoup : "d'une seule voix" (qui a publié, entre autres, Jeanne Benameur et son très beau "Ramadan de la parole".)
Cette nouvelle me rend vraiment heureuse.

Mon travail ne s'arrête donc pas aux "Murs bleus". J'ai d'autres projets et livres en cours... 

25.03.2008

"Rendez-vous sur le lac"

"Rendez-vous sur le lac" est un petit roman que j'ai écrit pour les enfants, à partir de dix ou onze ans.

Ce livre a été publié une première fois aux éditions J'ai Lu, sous la direction de Pierre Jaskarzec, en 2003. La maison d'édition n'existe plus, et ce petit roman est épuisé depuis des années.

Et voilà qu'il va ressortir !
Un livre qui ressort, c'est comme une seconde naissance. 

J'ai donc le grand plaisir de vous annonce la re-naissance de "Rendez-vous sur le lac", aux éditions de la Cabane sur le chien.

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Couverture signée Corinne Salvi. 

 

"Rendez-vous sur le lac" est pour moi un livre "à part". C'est sûrement, de tout ce que j'ai publié jusqu'à présent, le livre qui parle le plus intimement d'un lieu que j'aime, où je vis une partie de l'année, et qu'on appelle le Haut-Doubs. Mon "jardin secret", en quelque sorte.
Le Haut-Doubs est pays de montagne, un pays de neige et de silence, un pays de lacs gelés et de froid, un pays secret qui m'offre tout le calme dont j'ai besoin pour écrire, et auquel j'ai tenté de rendre hommage, dans ce livre. 

Le fait qu'il soit écrit pour des enfants à partir 10/11 ans ne doit pas décourager les plus grands. Je connais nombre d'adultes qui ont pris plaisir à sa lecture.
J'y parle d'amour sous toutes ses formes, hétérosexuel, homosexuel, et concernant aussi bien les adolescents que les personnes âgées. J'y parle de nature, de médecine, de savoir traditionnel, et de bonheur, bien sûr !

Si je suis si heureuse de voir ressortir ce "Rendez-vous sur le lac", c'est également parce qu'il est publié aux éditions de  "La cabane sur le chien". Il s'agit d'une petite maison d'édition qui a tout d'une grande, et avec qui j'ai un immense plaisir à travailler. Elle est située dans le haut-Doubs, elle aussi.  Lorsque je monte dans le haut de mon village, je peux apercevoir la maison de l'éditrice, dans la vallée d'à côté !
Et j'ai grand plaisir à voir ce roman "retourner chez lui", en quelque sorte.
Et puis... il y aura une surprise à l'intérieur... je vous en reparlerai bientôt, quand j'aurai le livre sous les yeux... Parce que, pour l'instant, il est encore chez l'imprimeur.

20.03.2008

Un récit tout en images

Je viens de mettre en ligne un "album" avec quelques photos du séjour à Leipzig...

Il vous suffit d'aller à cette adresse : http://album.club-internet.fr/ytak, puis de cliquer sur "Leipzig, mars 2008" et de donner le mot de passe : ytak

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Vous pouvez également consulter d'autres photos, prises cette fois par les éditions Klett, à l'adresse suivante :

http://www.klett-franzoesisch.de/prix-lcyeens-2008-1.html...

 

19.03.2008

Le film des Murs bleus

Des élèves de l’Humboldt Gymnasium de Potsdam ont réalisé un court-métrage inspiré des « Murs bleus ».
La désertion d’Antoine, son amour pour Jérusa, son divorce, les retrouvailles avec Louis, l’opération de Loirinho… Tout y est !

De belles trouvailles dans l’utilisation du noir et du blanc, de la métaphore, du symbole, sans oublier le générique final, qui a quelque chose d’un making off : « les fou-rire auxquels vous avez échappés »…

C’est un beau travail, plein de sens et non dénué de poésie, et j’étais très émue en le visionnant.
Encore une fois, c’est un beau cadeau que je reçois là.

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La désertion d'Antoine (extrait du court-métrage)


Donc, avant de vous raconter ces jours passés à Leipzig, je voulais remercier Christian Olias, Robin Gottschalk (qui campe un Antoine très crédible), Anja et Leonhard qui multiplient les rôles… Et encore un grand bravo !

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L'arrivée chez Louis d'Antoine et de Loirinho (extrait du court-métrage)

 

18.03.2008

Le prix des lycéens...

Le prix des lycéens allemands 2008 est attribué au roman "Les murs bleus", de Cathy Ytak.

C'était à Leipzig, le 14 mars...

Je partage avec vous ce grand bonheur, cette grande joie.

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En attendant le récit de cette dernière tournée en Allemagne... Une photo de la remise du prix (photo © Dr H Whittmann).
 

 

07.03.2008

Le fleuve San francisco et le fleuve Amazone…

Je vous parlais dans le post précédent de la séquence pédagogique préparée pour la NRP.
Il y a cependant, dans ce dossier, une petite erreur que j’aimerais corriger ici.

Il est dit, à un moment que« Antoine s’enfonce dans la forêt amazonienne".  Il s'agit d'une erreur d'interprétation.

Regardez sur cette carte : 

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Vous pouvez voir où se trouve l’Amazonie et le fleuve Amazone (en haut à gauche).

L’autre flèche, au milieu vers à droite,  indique un autre fleuve : le San Francisco.
C’est sur les bords du San Francisco qu’Antoine va «finir sa course ». 
http://www.ytak.fr/archive/2007/10/14/le-bac.html

J’ai aussi parlé du Sertaõ dans ce post-là.
Et vous pouvez consulter, dans la catégorie « les murs bleus en image » des photos du Sertaõ. Il n’y a pas de forêts dans cette région semi–désertique !

06.03.2008

Jean Sénac, un poète.

Lorsque j'ai reçu le prix de la NRP, en 2007, il était prévu que ce prix s'accompagnerait d'un petit film, et d'une "séquence" dédiée aux collégiens et aux élèves de 2e.

Cet outil  pédagogique vient de sortir.
On peut le consulter librement à cette adresse :  http://blogs.nathan.fr/nrp-college/category/prix-nrp-2006...

C'est toujours très étrange
, pour un auteur, de voir ainsi son roman "disséqué", "étudié", coupé en petits morceaux. L'étude des personnages, ce qu'ils veulent dire, pourquoi ils sont là, etc.

Cette séquence a été écrite par Adeline Pringault, que je ne connais pas. Je ne peux que la remercier du sérieux avec lequel elle a préparé ce dossier.

J'aime beaucoup le travail qu'elle a fait de relier trois poèmes, présents dans le livre, et trois poètes. Le « Quand tu aimes, il faut partir » de Blaise Cendrars (dont je parlais récemment sur ce blog) « Le déserteur » de Boris Vian, et « Les yeux », de Lorca.

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Jean Sénac

On aurait pu ajouter un quatrième poète. C'est un poète peut-être un peu moins connu, mais qui mériterait pourtant qu'on s'y attarde : Jean Sénac.
Un de ses poèmes est en exergue de mon roman.

Et je vous invite à découvrir ce poète magnifique, qui n’est pas sans rappeler Lorca, justement. Sénac, poète engagé, est mort assassiné, lui aussi. Et ce poète avait été, un temps, instituteur… Comme Antoine dans « Les murs bleus».

[...] Maintenant l’arbre se souvient
d’une feuille étrangère
qui le liait au ciel
L’œil est témoin des drames invisibles
la parole crépite au désert d’une larme
Celui qui sait,
sa vie devient un bois d’épines.


Ce poème,écrit à Paris le 29 décembre 1950, était dédié à Albert Camus. Les deux hommes se connaissaient et étaient amis. Ils ont échangé une abondante correspondance.

La poésie de Jean Sénac est publiée aux éditions Actes Sud.
Pour en savoir plus sur Jean Sénac, sur wikipédia.

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