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27/02/2008

La lecture accompagnée

[...] Je voudrais dire à l'auteure que j'ai choisi d'étudier son roman en classe, en grande partie pour cela: il aborde des questions fortes, graves et essentielles (la colonisation,la guerre, le viol, etc...) mais débouche sur l'affirmation qu'on reste libre, qu'on peut toujours choisir, lorsqu'on accepte d'affronter son passé et qu'on est aimé.

Mes élèves ont trouvé le livre un peu difficile à la première lecture à cause des nombreux retours en arrière, du va et vient entre les lieux mais lorsque nous allons plus loin ensemble ils découvrent d'autres significations, plus subtiles, et en sont heureux. Les adolescents apprécient qu'on ne les prenne pas pour des imbéciles et qu'on attende d'eux qu'ils construisent par eux-mêmes un sens à ce qu'ils lisent, au lieu de leur proposer des histoires gentillettes, emballées dans du papier rose. [...] Catherine Popoff

Je reprends, dans ce post, une partie de ce commentaire (que l'on peut lire en intégralité en cliquant ici), envoyé par un prof de classe de 3e dans un petit collège rural (je ne sais pas où).

Je suis vraiment heureuse de lire ce genre de commentaire. Il y a quelques mois, il y a eu une polémique, dans le journal "Le Monde", sur les auteurs jeunesse qui, selon l'article, parleraient trop de choses horribles, violentes, dures, etc.  (voir :ici)

Et c'est ce qui se ressort de plusieurs discussions que j'ai pu avoir avec des enseignants, tant en France qu'en Allemagne. Tous me le disent : un livre "difficile" aide parfois plus à grandir qu'un livre "facile à lire". Il faut donner aux ados les clefs pour le comprendre, et ensuite, on est bien étonnés de voir combien ils sont capables de discuter de ce qu'ils ont lu, en s'impliquant.

Alors j'en profite pour remercier tous les profs, si souvent décriés, qui font cet énorme travail de "passeur" de livres, passeurs d'idées, auprès de leurs élèves. Ce sont eux qui forment les lecteurs de demain.

 

25/02/2008

La devinette et sa réponse

Pour avancer dans la petite devinette posée la semaine dernière. Voilà l'indice qu'il fallait trouver, page 9 des "Murs bleus" (troisième ligne en partant du haut.)

"Quand tu aimes, il faut partir"...

Alors ?
Voilà le début du poème :

"Quand tu aimes, ll faut partir
quitte ta femme, quitte ton enfant
quitte ton ami, quitte ton amie
quitte ton amante, quitte ton amant
Quant tu aimes, ll faut partir..."

et un morceau vers la fin...

"Je prends mon bain et je regarde
je vois la bouche que je connais
la main la jambe l'oeil
Je prends mon bain et je regarde

Le monde entier est toujours là
La vie pleine de choses surprenantes" [...]

Bon... Lucie a trouvé la première (je n'ai pas mis son commentaire en ligne...) Et Cathy a presque trouvé...

Maintenant, si vous voulez la réponse tout de suite : cliquez ici.

 

22/02/2008

Vacances scolaires ? Une petite devinette.

Toutes ces dernières semaines, j'ai répondu aux questions des élèves, collégiens et lycéens, à propos des Murs bleus.
A mon tour de me détendre, et de VOUS faire bosser un peu ;-)

Voilà une petite devinette.
Dans mon post précédent "Les dangers de la lecture", je vous disais que c'était Vera, une fidèle lectrice de ce blog, qui m'avait envoyé la traduction de la légende accompagnant la gravure.
Vera vit à la Chaux-de-fonds, en Suisse.

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La Chaux-de-Fonds, en Suisse, est une très belle ville, très intéressante par son urbanisme et son architecture.

A la Chaux-de-fonds est aussi né un écrivain, très célèbre. Et il y a un lien entre cet écrivain et "Les murs bleus".

Savez-vous de qui il s'agit ? Et quel est le lien avec "les murs bleus" ?

Bon... Allez, un indice dans "Les murs bleus", page 9.
Bonne chance !

Des dangers de la lecture pour les femmes

 Je "remonte" ce post, parce qu'une fidèle lectrice de mon blog, Vera, vient de m'envoyer la traduction complète de cette gravure. Qu'elle en soit chaudement remerciée.

" La bonne d'enfants passionnée de lecture"
Image d'une scène de genre dessinée d'après nature".

Vous imaginez ! Dessinée "d'après nature". Cela signifie que cet événement n'est pas inventé, qu'il a vraiment eu lieu ! Et juste à ce moment-là, il y avait un dessinateur pour immortaliser la scène. Fabuleux, non ? 

Cette gravure fait partie d'un petit livre qui m'a été offert à Kassel, lors de ma tournée allemande. Il rassemble un certain nombre de peintures et gravures autours du thème de "la lecture". Et cette gravure avait retenue mon attention, même si je n'avais la traduction de la légende. Maintenant, grace à Vera, c'est chose faite. Merci !

 

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C’est fou de voir combien la lecture était (et est encore aujourd’hui pour certains) une chose éminemment subversive et dangereuse… Elle peut l’être, bien sûr ! Et c’est tant mieux. Même si « aucun incendie allumé dans un livre n’a mis le feu à une maison »… (Claude Simon).

19/02/2008

Vivre du métier d'écrivain

Une question qui m'a été posée par Nicolas, il y a plusleurs semaines, et à laquelle je n'ai pas encore répondue...
Vivez-vous du métier d’écrivain ?

Je ne vis pas de l’écriture de mes romans.
Je suis aussi traductrice (du catalan), et c’est ce métier de traductrice qui me fait principalement vivre.
Mais les choses évoluent peu à peu et changent.

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J’ai, par exemple, écrit un livre de recettes de pain (on sort de la littérature !) qui s’est beaucoup vendu et m’a rapporté pas mal d’argent.
Alors, cette année, j’ai décidé de ne pas faire de traduction. Je partage mon temps entre les rencontres (pour le Prix des Incorruptibles et le prix des lycéens allemands) et l’écriture de mes prochains romans.
Mais je reprendrai mon travail de traductrice à partir de l’été prochain. 

18/02/2008

le reste de ma vie

"Si ce blog ne présente qu'une toute petite partie de votre vie, pourquoi ne nous faites vous donc pas partager le reste de votre vie?"

Autre question restée sans réponse...

Il y a quelque chose qu'on appelle « vie privée ». C'est le droit de chacun et chacune de vivre à l'abri des regards. Le « reste de ma vie » n'est intéressante que pour moi et ceux qui vivent avec moi.

Je n'en parle que lorsque je sais qu'elle peut donner un éclairage intéressant sur mon travail d'écrivain
. Quand cela peut expliquer un peu pourquoi j'écris et comment, et lorsque ça relie des expériences personnelles à des sujets de romans ou à des  personnages, par exemple.

Sur ce blog, je m'autorise quelques petites fantaisies : des photos que j'aime bien, des petites histoires un peu futiles, etc. Rien de plus. (Comme par exemple, ci-dessous, le bruit d'un torrent près de chez moi, en montagne ;-)

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podcast

 

 Quand je dis que ce blog ne représente qu'une petite partie de mon travail ou de ma vie, c'est pour dire que mon travail d'écrivain ne s'arrête pas au roman « Les murs bleus ». J'ai un autre roman qui est sorti au mois d'août dernier « L'ombre d'Adrien », que j'aime beaucoup. Un autre petit roman (pour plus jeune) va ressortir au mois de mars « Rendez-vous sur le lac ». Et j'ai d'autres projets dont je parlerai quand ils seront plus "sûrs". Mais il y a dedans des projets de romans pour ados, des albums pour enfants...

 

15/02/2008

"Tu ne fais rien ?"

« Tu ne fais rien ? »
Ça, c'est une phrase que j'entends souvent !
L'immobilisme, ça intrigue. Et quelqu'un qui reste sans bouger, par définition, ne fait rien.

Seulement, moi, quand je reste sans bouger dans un coin, c'est souvent que je suis en plein travail, et c'est très compliqué à faire comprendre.
Mon compagnon a pris l'habitude de me demander : « tu es occupée ? » même quand il voit que... je ne fais rien. Parce qu'il sait, justement, que je suis peut-être en train de faire quelque chose d'invisible.
Et ce quelque chose, c'est la première pierre de mes romans, sans laquelle je n'écrirai jamais : la réflexion.

Parce que c'est de cette manière, finalement, que « j'écris » mes romans. Je passe beaucoup de temps à les imaginer mentalement. A élaborer des scénarios, à donner du corps aux personnages, à entendre des dialogues, à voir des paysages inventés... Tout ça « sans rien faire ». C'est-à-dire sans rien faire de mon corps.

Mais comme c'est souvent mal compris, et qu'il est, je l'accorde, assez difficile de faire la différence entre quelqu'un qui s'ennuie, quelqu'un qui dort les yeux ouverts, ou quelqu'un qui réfléchit, j'ai élaboré quelques stratégies pour ne pas être dérangée dans ces moments précieux de réflexion, qui précèdent toujours l'écriture.

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"Tu ne fais rien ? " (Chut, je suis en train d'écrire mon prochain roman !)
(Photo E.B.C)



La première est le tricot. Lorsque j'ai les mains occupées à tricoter, on pense que mon cerveau est lui aussi occupé à tricoter. Or, je dois l'avouer : quand je tricote quelque chose de simple, mon cerveau est totalement déconnecté de mes doigts. Je suis alors tranquille pour réfléchir sans être interrompue.

La deuxième, c'est la fausse « grasse matinée ». Sous la couette, je fais semblant de dormir, alors que j'ai déjà le cerveau en pleine ébullition.

La troisième, c'est la marche à pied.
Là, ce sont mes pieds qui sont déconnectés. Ils avancent et, pendant ce temps, je réfléchis tranquillement en écoutant les oiseaux.

La dernière, ce sont les voyages en train.
Je regarde à travers la vitre et on pourrait croire que je contemple le paysage. En fait, la plupart du temps, je ne regarde rien du tout, je suis à mille kilomètres de l'endroit que je suis en train de traverser : je suis dans mes romans.

Ce sont des moments que j'aime beaucoup.
Mais ce sont les moments les plus fragiles aussi lorsque je vis avec d'autres gens parce qu'il y a toujours quelqu'un pour venir me dire : « Tu ne fais rien  ? »

14/02/2008

Encore des ânes !

Vous êtes nombreux et nombreuses à me poser des questions sur les ânes.
Pourquoi l'âne est omniprésent dans cette histoire ? Pourquoi avoir choisi l'âne et pas un autre animal ? Est-ce un hasard ? Y a-t-il une raison personnelle ?
J'ai déjà beaucoup parlé des ânes !
Je suis vraiment fascinée par ces animaux. Des animaux qui s'éduquent et qui ne se dressent pas. Des animaux qui sont capables de « mentir » ou de simuler une maladie pour qu'on les laisse tranquille. Ils ont une mémoire incroyable. Ils sont à la fois prudents, lents, tenaces. Ils regardent devant eux.
Et pourtant, ces animaux si sages ont longtemps été un symbole de bêtise ! J'ai envie de les défendre. Comme j'ai envie de défendre tous ceux et celles qui sont victimes d'injustice ou d'incompréhension.


 Je me sens proche des ânes sur bien des aspects
: je n'aime pas trop regarder en arrière, je suis plutôt lente et assez têtue, moi aussi... et je ne trouve pas que ce soit un défaut ;-))

Alors, non, dans les murs bleus, ça n'aurait pas pu être un autre animal. Et au Brésil, il y avait beaucoup d'ânes.

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(photo E.B.C)